Présentation

Ce sont les autres qui le disent, l’Opéra de Monte-Carlo est un lieu où le soin porté au détail n’est pas une vaine prétention mais une réalité. A l’heure où les nouveaux médias permettent de se voir, de s’écrire, de visionner tout et n’importe quoi en temps réel d’un bout à l’autre de la planète, il apparait plus que nécessaire de faire découvrir aux jeunes talents venus d’horizons lointains notre patrimoine « génétique ». Il est constitutif de notre identité culturelle et le partager est un défi à relever pour le directeur de théâtre que je suis. Quoi de plus mystérieux, complexe et vital à la fois que d’enseigner les secrets du style ? Sans cette transmission, l’art lyrique et l’art tout court va vers une uniformisation certaine et un appauvrissement mortifère. Voilà le fruit d’une réflexion déjà ancienne et la raison pour laquelle cette Académie est née.

Les liens culturels étroits établis depuis le XIXe siècle entre la Russie et la Principauté de Monaco ont redessiné une partie du paysage culturel européen. C’est aussi ce que l’on a célébré il y a deux ans, l’« Année de la Russie à Monaco – 2015 ». L’imagination sans bornes d’un ancien directeur de music-hall de Saint-Pétersbourg devenu directeur de l’Opéra de Monte-Carlo pendant presque 60 ans, Raoul Gunsbourg, a permis la découverte par la France d’un répertoire russe négligé ou carrément inconnu ; les Ballets russes ont ainsi trouvé un havre de paix à Monte-Carlo afin de continuer à produire leur oeuvre novatrice après la Révolution d’Octobre et l’immense Feodor Chaliapine a fait de l’Opéra de Monte-Carlo « sa » maison, y donnant même son ultime spectacle.

L’Opéra de Monte-Carlo s’associe une nouvelle fois cette année avec la Fondation pour les initiatives sociales et culturelles (FSCI), avec l’aide du Ministère de la Culture de la Fédération de Russie et l’Ambassade de la Fédération de Russie en France pour lancer la deuxième édition de l’Académie Lyrique de l’Opéra de Monte-Carlo. Pour cette seconde édition, dix jeunes talents, des chanteurs déjà professionnels, issus du riche enseignement prodigué par les innombrables écoles, conservatoires de musique qui recouvrent le territoire russe, passeront trois semaines en Principauté et se verront remettre les clés des répertoires français par une équipe d’experts. Le récital de clôture - qui sera public - donné le 23 septembre sur la scène de l’Opéra de Monte-Carlo sera l’aboutissement de ces trois semaines de travail intense et révélateur, je le crois, de la nécessité de faire dialoguer les cultures.

 


Jean-Louis Grinda
Directeur de l’Opéra de Monte-Carlo