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10.11.2021 - 3 questions à Aleksandra Kurzak

Après avoir incarnée Luisa Miller en décembre 2018 à Monte-Carlo, Aleksandra Kurzak est de retour en Principauté. Dans une production mise en scène par Mireille Larroche, Aleksandra Kurzak sera Madame Butterfly, un rôle qu'elle apprécie particulièrement. A cette occasion, nous lui avons posé 3 questions ! 

3 QUESTIONS À ALEKSANDRA KURZAK

Luisa Miller ©2018 - Alain Hanel - OMC

Luisa Miller ©2018 - Alain Hanel - OMC

Vous êtes venue chanter pour la première fois à Monte-Carlo en 2018 dans la version de concert de Luisa Miller. Quels souvenirs en gardez-vous ?

Oui c’était dans le magnifique Auditorium Rainier III et j’en ai un excellent souvenir ! Non seulement il s’agissait de la première prestation que je donnais pour le public monégasque dans cette région du Sud de la France que j’affectionne tout particulièrement, mais aussi d’une enthousiasmante prise de rôle. J’ai été très heureuse d’ajouter à mon répertoire cette héroïne verdienne qui, par ses différentes facettes au fil de l’ouvrage, en annonce d’autres ultérieures dans l'œuvre de Verdi. J’ai reçu un chaleureux accueil de la part du public de Monte-Carlo, que je suis ravie de pouvoir retrouver, salle Garnier, pour une production mise en scène cette fois.

Nous vous retrouvons cette fois-ci dans le rôle de Cio-Cio-San, qui semble devenir l’un de vos rôles prédominants. Qu’est que cette interprétation implique et quels sont pour vous les véritables défis à relever ?

À travers cette superbe composition, Butterfly est à mes yeux le personnage Puccinien qui représente la femme dans sa plus grande dimension, et qui est porteuse de la plus grande charge émotionnelle.  Il y a tout à y interpréter : sa jeunesse, sa force mais surtout sa fragilité, la volonté de séduire et la jalousie, l’indéfectible amour maternel… C’est un personnage que je ressens non seulement dans mon cœur mais aussi dans mes tripes.

J’ai toujours rêvé de pouvoir interpréter Cio-Cio-San, depuis l’enfance ! Je suis comblée de pouvoir le faire désormais. C’est un rôle incroyable. Mais aussi très complexe, notamment pour sa longueur. Butterfly est quasiment en permanence en scène. Le rôle demande de l'endurance et une concentration de chaque instant, pour mémoriser le texte bien sûr, mais aussi pour répondre à toutes les exigences de la partition sur le plan vocal comme dramatique.

Mais sans doute le principal défi réside dans la nécessité de dominer l’importante masse orchestrale, tout en exprimant la jeunesse du personnage avec beaucoup de tendresse et d’aisance dans la voix.

La complexité pour moi sera de laisser libre cours à ma propre émotion et de la transmettre, tout en la contrôlant suffisamment pour qu’elle ne me mette pas en difficulté. Je dois avouer que le fait d’être maman moi-même me fait ressentir la détresse de Butterfly avec plus de force encore et parfois, c’est à peine si je peux retenir mes larmes.

Quelle(s) « Madame Butterfly » vous a le plus marquée, et pourquoi ?

Je trouve que Montserrat Caballé est une formidable interprète de Madame Butterfly, pour l’incroyable intelligence de son personnage et ses remarquables piani. Je pense en particulier à celui du dernier aria de Cio-Cio-San, mais que les sopranos n’exécutaient jamais, à part elle. Renata Scotto est également très inspirante dans son interprétation.

Mais celle qui m’a le plus impressionnée dans ce rôle, c’est indiscutablement Mirella Freni. Elle fut à l’origine de mon tout premier « choc » avec Madama Butterfly. C'est là que je suis littéralement tombée en amour pour ce rôle, dans le film de 1975 de Jean-Pierre Ponelle sous la direction de Karajan. Freni y est bouleversante de fragilité et de tendresse. Je l’ai ensuite énormément écoutée lorsque j’ai étudié le rôle, pour la beauté et la douceur de son timbre sans pareil.

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