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17.11.2021 - Plácido Domingo répond à nos questions !

L'Opéra de Monte-Carlo a le plaisir de proposer un concert unique "Nuit Espagnole" avec Plácido Domingo et la Compagnie de danse Antonio Gades à la famille Princière et ses invités. Nous lui avons posé 3 questions !

3 QUESTIONS À PLáCIDO DOMINGO

I due Foscari ©2020 - Alain Hanel - OMC

I due Foscari ©2020 - Alain Hanel - OMC

Vous êtes venu à Monte-Carlo l’année dernière dans le rôle de Francesco Foscari en version de concert. Comment avez-vous vécu ce retour sur la scène monégasque et le contact avec le public, alors qu’en pleine pandémie, la plupart des théâtres à l’international avaient fermé leurs portes ?

Je garde un merveilleux souvenir de cette soirée au Grimaldi Forum. Tout était sublime et le public avait un enthousiasme incroyable. Il y avait encore beaucoup de restrictions et nous avions tous peur de ce virus qui affectait lourdement nos vies à l'époque. Mais cette soirée a été comme un rayon de soleil chaud dans un jour gris. Et je me suis senti en grande forme dans l'un des rôles que j'aime le plus. Le drame intérieur de Francesco Foscari est si fort que, même s'il s'agissait d'un concert, j'ai eu l'impression d'assister à une pièce de théâtre : chez Verdi, les mots et la musique ont un pouvoir extraordinaire.

Vous revenez cette année dans le cadre de la fête nationale monégasque, prouvant une nouvelle fois votre fidélité à la principauté et son public. A cette occasion vous célébrerez les couleurs de l’Espagne. A travers ce spectacle, que souhaitez-vous raconter de votre pays d’origine ?

Je suis très honoré de participer à la Fête nationale monégasque. La Zarzuela est un portrait musical de mon pays, avec toutes ses variétés de couleurs, ses lumières et ses ombres... J'espère que le public monégasque pourra profiter de cette soirée baignée de l’atmosphère si caractéristique de mon pays. J'ai l'Espagne dans mon cœur et à chacun de mes concerts j'offre au public un morceau de Zarzuela. Cette musique est toujours accueillie avec grand enthousiasme. Ce concert-ci sera entièrement consacré à la Zarzuela. C'est un honneur pour moi et aussi une façon de faire vivre les chefs-d'œuvre des compositeurs espagnols. Certains d'entre eux ont travaillé avec mes parents qui étaient de grands interprètes de cette musique qui m'a accompagné toute ma vie, avant même ma naissance. Je suis fier de promouvoir avec ADIPROPE (une association sans but lucratif qui vise à diffuser et à promouvoir le patrimoine mondial de l'Espagne) la candidature de la Zarzuela au titre de patrimoine culturel immatériel.

Après plus de soixante ans de carrière, avez-vous toujours le même plaisir à monter sur scène ? Où trouvez-vous la force de continuer à rayonner dans le monde lyrique d’aujourd’hui ?

La musique est une énergie. Dans la musique, on trouve tout. Je trouve incroyable ce que je vis au cours de ces années et je me sens privilégié d'avoir fait de ma passion mon métier toute ma vie. À l'âge de 80 ans, que j'ai pu fêter avec une représentation de Nabucco à l'Opéra de Vienne, après chaque concert et chaque représentation, je remercie Dieu pour ce don extraordinaire, je remercie Dieu d'avoir encore la possibilité de me produire comme ça et je me sens heureux. Tout cela pourrait sembler irréel... et pourtant c'est possible.