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24.03.2022 - 3 questions à Emmanuel Charles

Pour la première fois, l'oeuvre de Berg, Wozzeck, sera présentée à l'Opéra de Monte-Carlo. Et pour l'occasion, un immense homme de théâtre qui a été désigné pour réaliser la mise en scène, Michel Fau. A travers une mise en scène fantasmatique, il nous transporte dans l'univers expressionniste. Le tout dans des décors impressionnants signés Emmanuel Charles. 

3 QUESTIONS À EMMANUEL CHARLES

Vous avez travaillé à plusieurs reprises aux côtés de Michel Fau. Comment avez-vous abordé, cette fois, ce travail de création commun autour de Wozzeck ? 

Comme le travail de création d’une œuvre grave et sombre, avec sa vision distordue de l’espace et une approche très réaliste des matières sculptées et peintes, notamment pour l’évocation des salpêtres sur les murs... Il fallait que la chambre de l’enfant suscite un effroi immédiat.

Que pouvez-vous nous dire du contexte historique de l’œuvre et sa transposition à la scène où se télescopent réalisme et onirisme ?

Le contexte historique et artistique de cette œuvre expressionniste , m'a permis de donner forme aux visions psychotiques des personnages, de faire surgir l’ampleur de leurs hallucinations, rendre visible angoisses, terreurs, fantasmes, figures chimériques...

Connaissiez-vous Wozzeck et les particularités de la partition de Berg ? De quelle(s) manière(s) la musique a-t-elle influencé votre travail ?

La musique traverse et influence toujours mon travail et je ne connaissais pas l’adaptation lyrique du « Woyzeck » de Büchner par Berg. Elle m’est apparue comme l’œuvre des tourments intérieurs,   découpée en morceaux tranchants, difficile à contenir émotionnellement. Cela explique peut-être les proportions et le gigantisme des éléments scéniques, la hauteur des châssis, les vingt-cinq mètres de toile peinte qui ceinturent l’ensemble du dispositif crée.

Aperçu des premiers croquis