Dès le début du XIXe siècle, des compositeurs tels que Schubert, Schumann ou Brahms ont établi le lied allemand, interprété dans des cadres intimes, notamment des salons privés, aussi bien par des amateurs que par des professionnels. Fortement influencés par la culture allemande à cette époque, les compositeurs russes commencèrent à mettre en musique la poésie romantique de leur propre littérature, ainsi que des traductions de ses modèles, tels que Goethe ou Heine.
Dans le travail d’Asmik Grigorian, le répertoire russe, et en particulier Tchaïkovski, occupe une place majeure. En effet, sa double culture lituanienne et arménienne, tout comme la perfection chaleureuse de son chant, reflètent idéalement cette alliance de distance radieuse et de passion brûlante propres à cette musique.
Actuellement en tournée à travers l’Europe avec un récital de lieder, Asmik y interprète des mélodies célèbres de Tchaïkovski et de Rachmaninoff, où la partie jouée au piano est généralement l’égale de la voix, et se retrouve même parfois au premier plan. Elle est ici accompagnée par le pianiste Lukas Geniušas, lui-même issu d’une grande dynastie pianistique moscovite et lauréat du Concours Tchaïkovski. Lukas met en lumière, à travers les mélodies, la richesse et les couleurs du tissu musical qui entoure la ligne vocale, ainsi que, dans une sélection de pièces pour piano solo, le lyrisme caractéristique de ces compositeurs.