Mascagni & Puccini Cavalleria rusticana & Gianni Schicchi
dimanche 25 février 2024 - 15 h
mardi 27 février 2024 - 20 h
jeudi 29 février 2024 - 20 h
Melodramma en un acte
Musique de Pietro Mascagni (1863-1945)
Livret de Giovanni Targioni-Tozzetti et Guido Menasci, tiré de la nouvelle homonyme de Giovanni Verga
Création : Teatro Costanzi, Rome, 17 mai 1890
Opéra-comique en un acte, tiré d’Il trittico
Musique de Giacomo Puccini (1858-1924)
Livret de Giovacchino Forzano, basé un épisode du Chant XXX de L’Enfer (La Divine Comédie) de Dante
Création : Metropolitan Opera, New York, 14 décembre 1918
Nouvelle production
Puisqu’innover n’est pas un crime, deux titres qui n’ont pas l’habitude de cohabiter feront l’objet d’une nouvelle production du metteur en scène Grischa Asagaroff : Cavalleria rusticana, opus fondateur du vérisme et plus grand succès de Mascagni, précédera Gianni Schicchi, troisième opéra du cycle Il trittico, chef-d’œuvre tardif de Puccini. Tous deux écrits par des compositeurs partageant les mêmes scènes et une idée comparable du discours lyrique, ces opéras offrent un contraste saisissant entre deux visages de l’Italie. D’un côté, la brûlante Sicile décrite dans la nouvelle de Verga, avec ses pulsions aussi intenses que le soleil qui écrase ses villages, sa fatalité intrinsèque qui mène jusqu’à la mort. De l’autre, le raffinement de la Florence médiévale et populaire de Dante, élégante et spirituelle, où la vis comica teinte chaque instant d’un humour contagieux. En somme, deux opéras théâtralement inspirés et remplis d’envolées lyriques mémorables. Deux distributions s’affaireront à rendre justice à l’extrême tension de la musique de Mascagni et à l’agilité de ton de la partition de Puccini, placées sous la direction de Speranza Scappucci, cheffe d’orchestre italienne à la carrière en plein essor.
Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo
Académie de musique Rainier III
ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE MONTE-CARLO
Académie de musique Rainier III
MAÎTRES D’ŒUVRE
Direction musicale
Speranza Scappucci
Mise en scène
Grischa Asagaroff
Assistant à la mise en scène
Heiko Hentschel
Décors et costumes
Luigi Perego
Assistant aux décors
Luca Filaci
Lumières
Gigi Saccomandi
Chef de chant
David Zobel
Chef de chœur
Stefano Visconti
SOLISTES
CAVALLERIA RUSTICANA
Santuzza
Maria José Siri
Lola
Annunziata Vestri
Turiddu
Yusif Eyvazov
Alfio
Peter Kalman
Lucia
Elena Zilio
Rôle parlé
Federica Spatola
GIANNI SCHICCHI
Gianni Schicchi
Nicola Alaimo
Lauretta
Nina Minasyan
Zita
Elena Zilio
Rinuccio
Edgardo Rocha
Gherardo
Enrico Casari
Betto di Signa
Giovanni Romeo
Simone
Giovanni Furlanetto
Marco
Eugenio di Lieto
La Ciesca
Rosa Bove
Maestro Spinelloccio
Matteo Peirone
Ser Amantio di Nicolao
Fabrice Alibert
Nella
Caterina Di Tonno
Gherardino
Egon Rostagni / Chloé Macchi
Guccio
Przemyslaw Baranek
Pinellino
Luca Vianello
FIGURATION
Olivier Ardain
Heathcliff Bonnet
Sophie Boursier
Adrian Cerou
Lisa Chirol
Guillaume Gallo Manrique
Nicolas Houssin
Arnaud Jouan
Benjamin Le Duff
Nicolas Leroy
Alain Louis-Jacquet
Stephane Martin
Laurence Meini
Sophie Payan
Artem Ustinov
Vincent Van Heghe
Nicolas Vitale
CHŒUR D’ENFANTS DE L’ACADEMIE DE MUSIQUE RAINIER III
Chef de chœur
Bruno Habert
Inès BEAUVOIS
Maiya FABRY SOULIER
Leane FOURGON
Francesca GERE BATTAGLIA
Mathilde GRINDA
Léa GUILLERET
Chloé MACCHI
Egon ROSTAGNI
Yiana SFEIR
Rosalia SZÜTS
Sevan VERDOYAN
Thalia VERDOYAN
CHŒUR DE L’OPÉRA DE MONTE-CARLO
Chef de chœur
Stefano Visconti
Consultant pour l’organisation musicale & assistant chef de chœur
Aurelio Scotto
Régisseuse du chœur & bibliothécaire
Colette Audat
Sopranos I
Galia BAKALOV
Luisa Maria BERTOLI*
Antonella CESARIO
Fiorella DI LUCA*
Chiara IAIA
Giovanna MINNITI
Felicity MURPHY
Biagia PUCCIO*
Erica Rondini*
Ilenia TOSATTO*
Paola VIARA-VALLE
Sopranos II
Rossella ANTONACCI
Valérie MARRET
Gaëlle MEGUERDIJIAN*
Letizia PIANIGIANI
Laura Maria ROMO CONTRERAS
VITTORIA GIACOBAZZI
Mezzo-sopranos
Teresa BRAMWELL-DAVIES
Erica CORTESE*
Géraldine MELAC
Suma MELLANO
Alessandra MEOZZI*
Federica SPATOLA
Altos
Cecilia BERNINI*
ORNELLA CORVI
Maria-Elisabetta DE GIORGI
Matilde LAZZARONI*
Carla MATTIOLI*
Catia PIZZI
Paola SCALTRITI
Rosa TORTORA
Simona TOTELECAN*
Ténors I
Walter BARBARIA
Matthew BRIDLE*
Lorenzo CALTAGIRONE
Jaime Andrés CANTO NAVARRO*
Domenico CAPPUCCIO
Vincenzo DI NOCERA
Thierry DIMEO
Caio DURAN PREVIATTI*
Nicolo LA FARCIOLA
Sergio MARTELLA*
Ténors II
Halil Ufuk ASLAN*
Andrea CIVETTA*
Gianni COSSU
Pasquale FERRARO
Benoît GUNALONS*
Fabio MARZI
Marco Angelo MÜLLER*
Adolfo SCOTTO DI LUZIO
Salvatore TAIELLO
Barytons
Fabio BONAVITA
Vincenzo CRISTOFOLI
Daniele DEL BUE
Armando NAPOLETANO*
Luca VIANELLO
Basses
Andrea ALBERTOLLI
Przemyslaw BARANEK
Thomas EPSTEIN*
Hugues GEORGES*
Paolo MARCHINI
Edgardo RINALDI
Matthew THISTLETON
Giuseppe ZEMA*
*choristes supplémentaires pour les représentations de Cavalleria rusticana & Gianni Schicchi
ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE MONTE-CARLO
Directeur artistique et musical
KAZUKI YAMADA
Premiers violons
David Lefèvre
Liza Kerob
Sibylle Duchesne
Ilyoung Chae
Diana Mykhalevych
Gabriel Milito
Sorin Turc
Mitchell Huang
Thierry Bautz
Zhang Zhang
Isabelle Josso
Morgan Bodinaud
Milena Legourska
Jae-Eun Lee
Adela Urcan
NN
Seconds violons
Peter Szüts
Nicolas Delclaud
Camille Ameriguian-Musco
Frédéric Gheorghiu
Nicolas Slusznis
Alexandre Guerchovitch
Gian Battista Ermacora
Laetitia Abraham
Katalin Szüts-Lukacs
Eric Thoreux
Raluca Hood-Marinescu
Andriy Ostapchuk
Sofija Radic
Hubert Touzery
Altos
François Méreaux
Federico Andres Hood
François Duchesne
Charles Lockie
Richard Chauvel
Mireille Wojciechowski
Sofia Timofeeva
Tristan Dely
Raphaël Chazal
Ying Xiong
Thomas Bouzy
Ruggero Mastrolorenzi
Violoncelles
Thierry Amadi
Delphine Perrone
Alexandre Fougeroux
Florence Riquet
Bruno Posadas
Thomas Ducloy
Patrick Bautz
Florence Leblond
Thibault Leroy
Caroline Roeland
Contrebasses
Matthias Bensmana
Tarik Bahous
Mariana Vouytcheva
Jenny Boulanger
Sylvain Rastoul
Eric Chapelle
Dorian Marcel
NN
Flûtes
ANNE MAUGUE
RAPHAËLLE TRUCHOT BARRAYA
DELPHINE HUEBER
Piccolo
MALCY GOUGET
Hautbois
MATTHIEU BLOCH
MATTHIEU PETITJEAN
MARTIN LEFÈVRE
Cor anglais
Mathilde Rampelberg
Clarinettes
MARIE-B. BARRIÈRE-BILOTE
nn
Petite clarinette
DIANA SAMPAIO
Clarinette basse
Véronique Audard
Bassons
FRANCK LAVOGEZ
ARTHUR MENRATH
MICHEL MUGOT
Contrebasson
FRÉDÉRIC CHASLINE
Cors
PATRICK PEIGNIER
ANDREA CESARI
DIDIER FAVRE
BERTRAND RAQUET
LAURENT BETH
DAVID PAUVERT
Trompettes
MATTHIAS PERSSON
GÉRALD ROLLAND
SAMUEL TUPIN
RÉMY LABARTHE
Trombones
JEAN-YVES MONIER
GILLES GONNEAU
LUDOVIC MILHIET
Tuba
FLORIAN WIELGOSIK
Timbales & Percussions
Julien Bourgeois
Mathieu Draux
Antoine Lardeau
Noé Ferro
Harpe
SOPHIA STECKELER
PERSONNEL DE SCENE
Directeur de scène
Xavier Laforge
Régisseur général
Elisabetta Acella
Régisseur de scène
Jérôme CHABREYRIE
Régisseur lumières
Ferxel Fourgon
Régisseur sur-titrage
Sarah Caussé
Régisseurs enfants
Charline Amayenc
Laëtitia Estiot
TECHNIQUE
Directeur technique
Patrice Ayrault
Responsable du bureau d’études
Nicola Schmid
Chef machiniste
Carlos Grenier
Olivier Kinoo
Sous-chefs machinistes
Yann Moreau
Franck Satizelle
Peintre décorateur
Gérard Périchon
Techniciens de plateau
Tom AYRAULT
Laurent BARCELO
Mathias CATALDI
Morgan DUBOUIL
Jean-François FARAUT
Jean-Philippe FARAUT
Axel GBEDO
Schama IMBERT
Frédéric LAUGIER
David M'BAPPÉ
Khalid NEGRAOUI
Chef électricien
Benoît Vigan
Chef électricien adjoint
GAEL LE MAUX
Techniciens lumière
Guillaume BREMOND
Grégory CAMPANELLA
Marine GENNA
Robin HEC
Felipe MANRIQUE
Laurent RENAUX
Pupitreurs
Dylan Castori
Grégory Masse
Responsable audio/vidéo
Benjamin Grunler
Chef accessoiriste
Audrey Moravec
Accessoiristes
Roland BIREN
Franck ESCOBAR
Charline TORRES
Emilie TRABONA
Chef costumière-habilleuse
Eliane Mezzanotte
Chef costumière-habilleuse adjointe
Emilie Bouneau
Sous-chef costumière-habilleuse adjointe
Stéphanie PUTEGNAT
Habilleurs
Roxane AVELLO
Christian CALVIERA
Carla CAPUANO
Nadine CIMBOLINI
Lili FORTIN
Edwige GALLI
Julie JACQUET
Karinne MARTIN
Florence RINALDINO
Lauriane SENET
Véronique TETU
Chef perruquière-maquilleuse
Déborah Nelson
Chef perruquière-maquilleuse adjointe
Alicia Bovis
Perruquiers
Jean-Pierre GALLINA
Agnès LOZANO
Corinne PAULÉ
Maquilleurs
Sophie KILIAN
Francine RICHARD
Patricia ROCHWERG
Natasha SANNA
Billetterie
Responsable billetterie
Virginie Hautot
Responsable adjointe billetterie
Jenna Brethenoux
Service billetterie
Ambre Gaillard
Dima Khabout
Assmaa Moussalli
Cavalleria Rusticana
L’action se déroule dans un village de Sicile, le jour de Pâques.
Turiddu, dont la mère, Lucia, tient une taverne dans un village de pêcheurs siciliens, a été fiancé à Lola. Mais pendant qu’il était à l’armée, Lola a épousé le charretier Alfio. À son retour, Turiddu a séduit et épousé Santuzza. Après quelque temps de bonheur, sa flamme pour elle a faibli et il succombe à nouveau au charme de Lola.
Prélude
Turiddu est censé se trouver dans la ville voisine afin d’y faire des provisions de vin pour sa mère. En fait, il a profité de l’absence d’Alfio pour rejoindre Lola, et on l’entend au loin lui chanter une sérénade (Sicilienne «O Lola»).
Acte unique
Le rideau se lève sur la place du village. On y voit l’église et la taverne de Mamma Lucia. C’est l’aube.
Les villageois chantent la beauté de l’aurore et de ses promesses d’amour (Chœur d’introduction «Gli aranci olezzano»).
Santuzza entre dans la taverne, très inquiète. Elle est à la recherche de Turiddu, qui aurait été vu aux abords de la maison d’Alfio et Lola. Lucia ne se montre pas très coopérante (Scène «Dite, mamma Lucia»).
Alfio fait l’éloge de son métier et de sa femme fidèle, et son enthousiasme gagne la foule des villageois (Entrée d’Alfio avec chœur «Il cavallo scalpita»).
À Lucia qui le félicite pour sa bonne humeur, Alfio demande du vin. Lucia répond que Turiddu est justement parti en acheter à la ville. Alfio s’étonne : on aurait vu Turiddu le matin même près de chez lui. Santuzza fait signe à Lucia de se taire. L’Alléluia puis le Regina cœli résonnent de l’église. Tous se rendent à la messe pascale, excepté Santuzza et Lucia (Scène et Prière «Beato voi, compar Alfio / Regina cœli / Inneggiamo»).
Restée seule avec sa bru, Lucia lui demande pourquoi elle a réclamé son silence. Santuzza avoue que Turiddu la rejette et que son amour pour Lola n’a pas faibli. Lucia, abasourdie, se rend à l’église prier pour que le Seigneur vienne en aide aux deux époux (Romance et Scène «Voi lo sapete, o mamma»).
Entre Turiddu. Il s’étonne que Santuzza ne soit pas à l’église. Il prétend revenir de la ville, mais Santuzza lui dit qu’Alfio l’a vu au village. Ses reproches exaspèrent Turiddu. Après quelques mensonges, il la met en garde d’être jalouse (Scène «Tu qui, Santuzza ?»).
Lola, insouciante, passe devant les deux époux et leur demande s’ils ont vu Alfio. Elle s’étonne qu’ils n’assistent pas à la messe. Les insinuations de Santuzza n’attirent que son ironie, et elle pénètre dans l’église (Ritournelle de Lola «Fior di gaggiolo»).
Santuzza tente désespérément de regagner le cœur de Turiddu, mais ne fait qu’attiser sa colère. Il finit par la pousser violemment, en se précipitant dans l’église. Elle tombe à terre en le maudissant (Duo «Ah ! lo vedi»).
Survient Alfio, inquiet d’être en retard pour la messe. Santuzza lui révèle que Lola le trompe avec Turiddu. Alfio jure de se venger par le sang (Duo «Oh ! il Signore vi manda / Comare Santa»).
Les fidèles sortent de l’église. Lucia traverse la scène et entre chez elle (Interlude symphonique).
Les villageois prennent le chemin de leurs logis respectifs. Turiddu interpelle Lola, à la recherche d’Alfio, et l’invite à boire avec les villageois à la terrasse de l’auberge. Il porte un toast général et le ponctue d’un malicieux «À vos amours», à l’adresse de Lola (Scène, Chœur et Toast «A casa, a casa / Viva il vino spumeggiante»).
Alfio rejoint la joyeuse assemblée mais refuse de trinquer avec Turiddu. Sentant l’orage poindre, quelques femmes écartent Lola. Les deux rivaux se défient. Conformément à la tradition, Turiddu mord Alfio à l’oreille, signe qu’il accepte de l’affronter en duel. Le charretier part l’attendre dans un champ. Turiddu fait ses adieux à sa mère et lui recommande de traiter Santuzza comme sa fille s’il ne revenait pas. Il s’enfuit précipitamment, laissant Lucia désemparée. Tandis qu’entre Santuzza, et qu’elle se jette au cou de Lucia, une femme annonce la mort de Turiddu (Finale «A voi tutti salute / Mamma, quel vino è generoso»).
Gianni Schicchi
Florence, 1299.
Le riche Buoso Donati vient de rendre l’âme. Réunis autour de son lit, ses proches rivalisent de paroles éplorées mais révèlent bientôt ce qui les intéresse vraiment : le contenu du testament. Sont présents notamment son beau-frère Betto, son cousin Simone avec sa femme Ciesca et leur fils Marco, son neveu Gherardo, la femme de celui-ci Nella et leur fils Gherardino, sa cousine Zita (dite la Vieille), ainsi que Rinuccio, neveu de cette dernière. Tous cherchent frénétiquement le précieux document, jusqu’à ce que Rinuccio mette la main dessus. Avant d’en commencer la lecture, il arrache à sa tante son consentement à ce qu’il épouse Lauretta, la fille sans biens de Gianni Schicchi. La tante acquiesce, dans la mesure où l’héritage prochain mettra Rinuccio à l’abri du besoin. Dans sa joie, Rinuccio envoie le jeune Gherardino chercher les Schicchi père et fille.
La lecture du testament douche bientôt toutes les espérances : Buoso lègue l’ensemble de ses biens à un monastère («Dunque era vero»). Simone, qui est désormais le doyen de la famille et a occupé des fonctions de maire dans la cité voisine de Fucecchio, cherche en vain la faille qui rendra ce testament caduc. Rinuccio propose alors que l’on demande conseil à Schicchi, homme dont il connaît la ruse et l’intelligence. Sa famille manifeste son mépris à l’égard de ce nouveau venu d’origine modeste, demandant au passage à Rinuccio d’oublier tout projet de mariage. Rinuccio prend la défense de Schicchi et fustige l’étroitesse d’esprit de l’aristocratie florentine : n’est-ce pas à des personnes venues elles aussi des campagnes environnantes, telles que Giotto, Arnolfo ou les Médicis, que la capitale toscane doit sa grandeur («Avete torto... Firenze è come un’albero fiorito») ? Schicchi et Lauretta arrivent mais, devant l’hostilité des Donati, Schicchi fait mine de repartir. Il faut les supplications de Lauretta («O mio babbino caro») pour qu’il accepte de rester et d’examiner le testament. Malheureusement, Schicchi se montre aussi impuissant que Simone. Il promet néanmoins aux Donati de les tirer d’affaire, non sans avoir fait sortir sa fille pour qu’elle ne soit pas mêlée à son stratagème.
S’étant assuré que personne en ville n’était au courant de la mort de Buoso, Schicchi fait porter le corps dans une pièce voisine. Arrive le médecin Spinelloccio. Schicchi se dissimule à la hâte derrière les rideaux du baldaquin et, imitant la voix de Buoso, fait savoir qu’il se sent mieux. Spinelloccio s’en va, rassuré. Schicchi dévoile alors son plan : il se fera passer pour Buoso devant le notaire et lui dictera un testament plus au goût de tout le monde («Si corre dal notaio»). Les cousins déclinent leurs souhaits respectifs. Mais on entend sonner le glas : la nouvelle du trépas de Buoso serait-elle connue ? Au soulagement général, il apparaît que la cloche a retenti pour un autre mort. Les cousins se mettent d’accord sur les différentes terres mais se battent pour les biens les plus précieux : la mule («la meilleure de Toscane»), la maison et les moulins de Signa. Faute de consensus, ils acceptent de se partager leurs revenus et d’en remettre la charge à Schicchi. Zita, Ciesca et Nella habillent Schicchi des vêtements de Buoso («Spogliati, bambolino»). Il prend place dans le lit du défunt, non sans avoir rappelé à ses complices les châtiments terribles qu’encourent à Florence les falsificateurs de testaments («Prima un avertimento !... Addio, Firenze»).
Le notaire arrive et la conversation embraye en latin. Schicchi déclare tout précédent testament nul et non avenu et commence à dicter le nouveau. Les premiers termes satisfont tout le monde mais, parvenu au douloureux chapitre de la mule, de la maison et des moulins, Schicchi ordonne qu’ils soient laissés «à mon ami dévoué Gianni Schicchi». Bernés, les parents sont obligés de faire profil bas, d’autant que Schicchi leur rappelle en aparté quelles punitions ils encourraient à la découverte de la ruse. Au départ du notaire, après la mort du faux Buoso, les Donati laissent éclater leur furie et commencent à piller la maison. Schicchi les chasse de ce qui est désormais chez lui.
Sur le balcon, Lauretta et Rinuccio laissent libre cours à leur amour : rien ne s’oppose plus à leur mariage, puisqu’ils jouissent d’une dot confortable («Lauretta mia»). Attendri par ce spectacle, Schicchi s’adresse alors au public : s’il a monté ce canular, c’est pour que puisse s’épanouir l’amour des tourtereaux et, même si Dante l’a condamné à l’enfer, il espère que les spectateurs lui accorderont les «circonstances atténuantes».
Speranza Scappucci
Avez-vous déjà travaillé à l’Opéra de Monte-Carlo et que représente pour vous ce théâtre ?
C’est la première fois que je viens dans ce théâtre et dans cette ville !
Vous dirigerez deux opéras en un acte très populaires, mais pas dans leur contexte habituel (Cavalleria rusticana sans Pagliacci, Schicchi sans les deux autres opéras du Trittico). Pensez-vous que cette combinaison pourrait faire ressortir des choses que nous n’avions pas remarquées jusqu’à présent à propos de ces œuvres ?
Cavalleria rusticana est un opéra qui se suffit parfaitement à lui-même, même sans autre opéra programmé à ses côtés. Alors que Gianni Schicchi fait clairement partie du Trittico et pourrait sembler avoir moins de sens sorti de son contexte. Mais avec sa beauté et son incroyable dramaturgie, il peut très bien vivre seul ou faire partie d’un autre diptyque, associé, comme dans notre cas, à Cavalleria rusticana.
Quelle est votre mission principale lorsque vous dirigez ce répertoire ?
Lorsque j’aborde une partition, qu’il s’agisse de bel canto, de Verdi ou de vérisme, ma tâche consiste toujours à essayer d’être aussi fidèle que possible aux intentions de l’auteur. Il y a une telle précision dans les indications musicales de compositeurs comme Puccini ou Mascagni qu’il suffit de respecter leur écriture. Pour moi, l’orchestre fait toujours partie du drame, même lorsqu’il joue « simplement » des triolets sous la ligne vocale d’un air comme « Casta diva » dans la Norma de Bellini. Bien sûr, chez Puccini ou Mascagni, l’orchestration est plus complexe et plus dense. Mais mon objectif est de faire en sorte que la partie orchestrale et les lignes vocales ne forment qu’une seule et même texture musicale, qui reflète les intentions du compositeur.
Quels sont les défis pour les chanteurs et les musiciens de l’orchestre dans ce type de répertoire ?
Pour les chanteurs, il s’agit de ne pas pousser leur voix au-delà de ses limites. Et pour les y aider, je dois, en tant que cheffe d’orchestre, me soucier des musiciens dans la fosse et faire en sorte qu’ils jouent avec le sens du drame et les couleurs requises, mais sans jamais submerger les solistes.
Pietro Mascagni
Cavalleria rusticana
Un jeune compositeur au seuil de sa carrière
Pietro Mascagni caressa longtemps le rêve d’un opéra de grande envergure, très novateur, qui ferait de lui le digne successeur de Giuseppe Verdi : Guglielmo Ratcliff, d’après une pièce de Heinrich Heine. Mais la vie du jeune musicien était bien éloignée de ces aspirations glorieuses : après avoir raté le diplôme de composition du Conservatoire de Milan, il avait échoué dans une ville de la province de Foggia (Pouilles), Cerignola, où il exerçait la profession peu exaltante de chef de l’harmonie locale. En 1888, Ratcliff était presque achevé quand son auteur décida, pressé notamment par des raisons financières, de participer au concours organisé par l’éditeur milanais Edoardo Sonzogno pour la composition d’un opéra en un acte.
Après l’ambition de Ratcliff, cet exercice constituait un revirement complet. Le choix du livret se porta sur une nouvelle de Giovanni Verga, qui depuis une dizaine d’années avait imposé en Italie le vérisme, un courant littéraire assez proche du naturalisme français : des chroniques abruptes de la vie quotidienne contemporaine dans des villages déshérités, se déroulant presque en temps réel et mettant en scène des passions exacerbées. Son drame Cavalleria rusticana [Chevalerie rustique], tiré de la nouvelle homonyme publiée en 1880, avait été présenté en janvier 1884 au Teatro Carignano de Turin, avec Eleonora Duse dans le rôle de Santuzza.
Le librettiste, Giovanni Targioni Tozetti (aidé dans les derniers pans de son labeur par Guido Menasci), se plia à l’exigence du compositeur d’écrire «un livret étroitement lié à l’action de Verga, en y ajoutant simplement quelques morceaux lyriques pour habiller la nudité de l’action tragique». C’est ainsi qu’apparurent certains passages qui, au lieu de précipiter l’action dans la course effrénée que constitue normalement le vérisme, font plutôt office de toile de fond, comme auraient pu en composer Verdi ou Puccini : le chœur d’introduction «Gli aranci olezzano», l’air d’entrée d’Alfio «Il cavallo scalpita», le «Regina cœli», le chœur de paysans quittant l’église «A casa, a casa» ou encore le brindisi de Turiddu «Viva il vino spumeggiante»). Entre ces morceaux de caractère, Targioni Tozetti disposa des airs beaucoup plus violents, comme s’il caressait l’auditeur pour ensuite mieux le brutaliser.
Mascagni se montra tout à fait satisfait du poème, auquel il apporta tout de même quelques retouches minimes mais significatives. Il transforma le nom du héros, Torello, en un Turiddu plus sicilien et, surtout, imposa la chute lapidaire que l’on connaît à la place de celle, plus classique, qu’avait imaginée Targioni Tozetti. C’est également Mascagni qui, découvrant avec enthousiasme une poésie en dialecte, ajouta la Sicilienne de Turiddu au cœur du prélude, avant le lever de rideau.
Claire Delamarche
Le succès d’une partition novatrice
Taraudé par la nécessité de remporter le concours Sonzogno, et voulant éviter toute accusation de wagnérisme, Mascagni sacrifia à une certaine tradition en respectant la disposition vocale habituelle (le couple ténor/soprano menacé par les voix plus graves) et en ménageant de véritables airs aux protagonistes.
Encore ces airs adoptent-ils des formes originales : ils évoluent au fil de la narration sans couplets ni redites, à l’instar des grands airs des opéras de Verdi les plus récents. Ainsi Mascagni, prenant le relais de ce que Verdi avait de plus novateur, rompt-il avec deux siècles d’opéra italien opposant l’action (le récitatif) à l’épanchement de sentiments (l’air, dans lequel le temps s’arrête). Puccini n’aura qu’à lui emboîter le pas dès Manon Lescaut (1893).
Autour de ces airs, Mascagni dispose des récitatifs vifs et mobiles, qui flirtent souvent avec l’arioso et peuvent, à l’égal des airs, atteindre des sommets de violence dramatique (on pense notamment à la montée en puissance inexorable dans la confrontation entre Turiddu et Santuzza «Tu qui, Santuzza ?»). À cet effet, il n’hésite pas à utiliser un parlato non moins expressif, le sommet en la matière étant atteint par la dernière réplique, criée hors champ par une femme anonyme : «Hanno ammazzato compare Turiddu» [«On a tué compère Turiddu»]. Mascagni tire en tout cela profit des expérimentations menées dans Ratcliff.
La force de l’ouvrage provient de cette alternance entre morceaux de caractère et passages dramatiques, numéros clos et scènes en style libre, bouffées lyriques innervant le tissu souple du récit dramatique : une alternance d’éléments qui compriment puis déploient le drame comme un ressort.
Le succès de Cavalleria rusticana au concours Sanzogno puis sa création, le 17 mai 1890 au Teatro Costanzi de Rome, firent l’effet d’une bombe. Derrière le léger parfum de scandale, on cria au génie, à la révélation. Jusqu’alors parfait inconnu, le jeune compositeur de Livourne devint célèbre du jour au lendemain.
Plus que dans la modernité du langage musical et dramatique, c’est certainement dans le sujet qu’il faut chercher les raisons de cet enthousiasme général. Pour la première fois, l’opéra donnait la parole aux couches les plus populaires de la nation, qui plus est dans une Sicile bien éloignée des palais romains ou milanais. Dans ces années où le cinématographe s’apprêtait à surgir, la vie d’un village de pêcheurs était portée aux yeux de tous et, malgré l’absence de tout souci ethnographique, cette Sicile de carton-pâte avait un air furieux d’authenticité. Les passions les plus élémentaires – amour, jalousie, vengeance – s’y déployaient dans toute leur crudité, avec une spontanéité et une efficacité redoutable : Mascagni y démontrait son art souverain dans l’invention mélodique, le maniement des masses chorales et l’utilisation d’un orchestre qui, aussi entêtantes que soient les mélodies chantées, se révèle omniprésent (le prélude et l’Intermezzo symphonique sont des merveilles de sensualité et d’émotion). Belle revanche du compositeur auquel le Conservatoire de Milan avait, jadis, refusé son diplôme de composition.
Claire Delamarche
Le Triptyque
Si Giacomo Puccini ne laisse que dix opéras (nous comptons le Triptyque comme un ensemble), et même huit si l’on excepte les ouvrages de jeunesse aujourd’hui oubliés que sont Le villi (1884) et Edgar (1889), c’est que chacun d’eux a mûri longuement pour offrir un véritable renouveau par rapport au précédent. Quoi de commun entre le Paris doré, poudré mais ô combien cruel de Manon Lescaut (1893) et celui misérable mais si chaleureux de La Bohème (1896), entre la Rome grandiose et le drame encore verdien de Tosca (1900), le Japon frémissant et coloré de Madame Butterfly (1904) et la vivacité pittoresque du western en musique qu’est La fanciulla del West (1910) ? «Rinnovarsi o morire ?» C’est ce qu’écrit Puccini (reprenant une formule de Gabriele D’Annunzio) lorsqu’il dresse le bilan de la Fanciulla en juillet 1911 à Carlo Clausetti, un dirigeant la maison d’édition Ricordi : « Se renouveler ou mourir ? L’harmonie d’aujourd’hui et l’orchestre ont changé [...]. Je me promets à nouveau, si je trouve le sujet, de faire toujours mieux sur la voie que je me suis fixée, certain de ne pas rester à l’arrière-garde.» Le Triptyque sera la concrétisation de cette devise.
Dès la création de Tosca, le 14 janvier 1900 à l’Opéra de Rome, Puccini commençait à réfléchir à un projet qui romprait totalement avec ce drame irrépressible tendu sur trois actes entre la première et la dernière note. Considérant le succès rencontré par un opéra en un acte présenté sur la même scène du Teatro Costanzi, Cavalleria rusticana de Pietro Mascagni (1890), il projeta l’idée d’un triptyque d’opéras contrastés. L’idée se précisa après la création de Madame Butterfly lorsque le compositeur, plongé dans la Divine Comédie de Dante, eut l’idée d’y puiser les sujets de ces trois opéras miniatures.
Le projet tomba finalement à l’eau, mais Puccini revint à l’idée d’un opéra en un acte unique, Il tabarro, après avoir assisté en 1912, à Paris, à une représentation du drame de Didier Gold La Houppelande. Ce n’est qu’une fois la composition de cet ouvrage presque achevée que resurgit l’idée d’un triptyque. Puccini composa dans la foulée Suor Angelica (fin 1916-début 1917), puis Gianni Schicchi (juillet 1917-20 avril 1918), formant un ensemble progressant de la nuit à la lumière, du tragique au bouffon en passant par le sentimental. Le Triptyque fut créé le 14 décembre 1918 au Metropolitan Opera de New York, sous la direction de Roberto Moranzoni. L’accueil des deux premiers volets fut mitigé, seul Gianni Schicchi recevant un enthousiasme sans réserve. Cela affecta le compositeur, qui avait une tendresse particulière pour Suor Angelica, drame lyrique exclusivement féminin situé dans un monastère près de Sienne. Le 11 janvier suivant, l’Opéra de Rome donnait l’ensemble en création européenne, avec cette fois un succès total.
Claire Delamarche
Gianni Schicchi
C’est le librettiste, Giovacchino Forzano, qui aurait attiré l’attention de Puccini sur le pittoresque épisode de Gianni Schicchi, issu du Chant XXX de L’Enfer de Dante – à moins que le maestro, fervent lecteur du poète florentin, n’en ait eu l’idée lui-même. Toujours est-il qu’après le sombre drame passionnel que forme Il tabarro, Puccini se réjouissait de plonger dans cet univers cocasse. L’exercice représentait un certain défi pour lui qui, à l’exception de brefs passages de Tosca ou de La Bohème, n’avait pas abordé la veine comique.
À plusieurs égards, Schicchi se place dans le sillage de l’ultime opéra de Verdi, Falstaff (1893) : protagoniste ventripotent et roublard confié à un baryton, jeune couple d’amoureux (ténor et soprano) en butte à un entourage qui les empêche de s’aimer en rond, musique vive et piquante, dénouement heureux suivi d’une leçon de morale taquine, et même certains éléments de détail, pour illustrer un mot ou mettre en musique la joyeuse cacophonie des Donati superposant leurs voix. Mais Schicchi brocarde plus durement la cupidité des personnages, non sans un côté macabre : tout cela se déroule en présence d’un authentique cadavre (dont Gianni prend la place dans son lit de mort sans même qu’on ait changé les draps !).
L’ouvrage frappe par sa densité et sa cohérence, fruits de sa durée réduite, de son unité de temps et de lieu et du fait que les neuf membres vivants de la famille Donati sont en scène du lever au baisser de rideau. L’homogénéité se construit également en musique, sous l’effet d’un rythme infatigable, imperturbablement binaire, et d’un tissu de motifs récurrents qui correspondent chacun à un contenu sémantique précis.
Ainsi, dès qu’a fini de retentir l’éclat de rire ouvrant le bref prélude, l’orchestre fait entendre un thème aux accents appuyés, faussement pleurnichard, qui au lever de rideau sera associé avec la feinte éploration des parents du défunt. Ce thème se déploie presque sans discontinuer jusqu’à la lecture du testament. Il se transforme en motif de rage, sous les assauts des bois aigus et de l’harmonie discordante, dans le concertato où les héritiers découvrent que Buoso ne leur laisse pas un sou («Dunque era vero»). Jusqu’à la fin de l’œuvre, il pointera de temps à autre le nez.
Un autre exemple est l’air de Rinuccio «Firenze è come un’albero fiorito». Puccini le place ici «en guise de stornello» (une chanson populaire toscane) : le jeune homme y énumère les beautés de Florence et y vante les mérites de Schicchi, l’un des habitants les plus remarquables de la capitale toscane. Entre les deux premières strophes et dans la conclusion, on remarque un thème orchestral au lyrisme inattendu ; il formera bientôt l’air le plus célèbre de la partition, «O mio babbino caro», où Lauretta supplie son père de ne pas ruiner son histoire d’amour avec Rinuccio. On notera, dans la deuxième strophe de cet air, les mouvements chromatiques de l’orchestre illustrant les flots de l’Arno. Le caractère rusé de Schicchi ou l’amour de Rinuccio et Lauretta ont eux aussi leur thème, et même la ville de Florence : un mélisme mielleux de Schicchi, lorsqu’il évoque l’exil qui frappe (entre autres châtiments) les falsificateurs de testaments ; il le susurrera en aparté dans la scène avec le notaire, pour ôter aux héritiers bafoués toute velléité de rébellion.
Puccini parsème l’harmonie de dissonances qui, associées à la prééminence des bois de l’orchestre, offre à certains passages un savoureux caractère grotesque (lorsque les cousins perdent leurs nerfs, on atteint même un beau tintamarre).
Face à cette famille qui fonctionne souvent comme un chœur de chambre, face au duo d’amoureux dont le lyrisme tranche avec la trépidation générale, le truculent rôle-titre se taille la part du lion avec une palette vocale presque infinie : grotesque lorsqu’il imite la voix de Buoso devant le docteur ou le notaire, impressionnant d’autorité lorsqu’il expose son plan dans l’air «Si corre dal notaio», il se fait en outre grommelant, ricanant, doucereux… Lorsqu’il s’adresse à nous, public, une fois le rideau baissé, il adopte même la voix parlée : coup de génie de Puccini qui répond ainsi à la fugue virtuose concluant Falstaff, dont il n’avait d’autre choix que de prendre le contrepied. Comme Gianni Schicchi nous y exhorte, nous ne pouvons alors que l’absoudre, tant les Donati qu’il a roulés dans la farine sont exécrables.
Claire Delamarche