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Puccini La rondine 30 octobre 2024 Opéra en version de concert
Direction musicale Giacomo Sagripanti
Chef de chœur Stefano Visconti

Puccini La rondine

Opéra en version de concert
mercredi 30 octobre 2024 - 20 h
Opéra de Monte-Carlo

Opéra en trois actes
Musique de Giacomo Puccini (1858-1924)
Livret de Giuseppe Adami d’après un texte allemand d’Alfred Willner et Heinz Reichert
Création : Monaco, Opéra de Monte-Carlo, 27 mars 1917

Festival centenaire Puccini

Magda, femme entretenue et héroïne de La rondine, rêve de fuir la vie superficielle du Paris mondain pour traverser telle une hirondelle l’immensité des flots, vers le soleil et l’amour vrai. L’œuvre avait été commanditée par le Carltheater de Vienne comme une opérette, mais la Première Guerre mondiale en avait empêché la représentation. La création a finalement lieu en 1917, à l’Opéra de Monte-Carlo. Les auteurs du texte allemand étaient Alfred Maria Willner – qui avait écrit deux livrets pour Franz Lehár – et Hans Reichert. Ceci explique qu’une grande partie de l’argument évoque les sujets chers à Lehár, mais aussi La Chauve-Souris et, bien sûr, La traviata. Puccini n’a cependant jamais eu l’intention d’écrire une opérette viennoise. Il voulait plutôt se rapprocher de Richard Strauss. C’est pourquoi l’un des éléments les plus marquants de sa musique est la capiteuse valse, sentimentale et mélancolique. Il utilise également les danses américaines qui faisaient rage en Europe, tels le fox-trot et le one-step. Ces éléments font le lien entre La rondine et un autre opéra, lui aussi créé sur la scène de notre théâtre, et que nous présenterons également au cours de la saison 2024/25 : L’Enfant et les Sortilèges de Maurice Ravel.

Artistes
Direction musicale | Giacomo Sagripanti
Chef de chœur | Stefano Visconti
Magda | Pretty Yende
Lisette | Deanna Breiwick
Ruggero | Charles Castronovo
Prunier | Juan Francisco Gatell
Rambaldo | Roberto de Candia
Bianca | Marta Pluda
Suzy | Valentina Corò
Yvette | Aleksandrina Mihaylova
Périchaud/Rabonnier | Przemyslaw Baranek
Gobin | Vincenzo di Nocera
Crébillon/Majordome | Stefano Arnaudo
Georgette | Chiara Iaia
Gabriella | Rossella Antonacci
Lolette | Federica Spatola
Adolfo/Un étudiant/Un jeune | Pasquale Ferraro
Un chanteur | Galia Bakalov
Chœur de l’Opéra de Monte-Carlo
Orchestre de l’Opéra Carlo Felice de Gênes
Biographies des artistes
Puccini et moi... avec Pretty Yende

« C’est une joie et un honneur absolus pour moi, en tant qu’artiste, d’avoir le plaisir de donner une voix aux remarquables œuvres de Giacomo Puccini. Ce sont des trésors absolus du répertoire italien et l’une des découvertes les plus passionnantes que j’ai faites a été l’une de ses citations dans laquelle il explique que Dieu lui a dicté Madama Butterly et qu’il s’est contenté de jouer un rôle dans la mise sur papier de cette œuvre. Cela a beaucoup résonné en moi, car je crois vraiment que mon don vient de Dieu et que je ne suis que l’instrument qu’il m’a confié afin de le partager avec toutes les autres âmes qui vivent sous le soleil. Je suis pleine d’enthousiasme à l’idée de faire mes débuts dans La rondine ainsi qu’en Mimì, dans un avenir proche… un début passionnant pour mon voyage avec Puccini. »

Argument

L’action se déroule à Paris et sur la côte d’Azur, pendant le Second Empire.

 

Acte I

Un salon très élégant chez Magda, à Paris.

Magda de Civry, la jeune maîtresse du riche banquier Rambaldo Fernandez, donne un cocktail. La conversation s’engage sur le sujet de l’amour. Les amies de Magda se moquent du poète Prunier et de ses théories sur l’amour, dans lequel il ne voit qu’une folie passagère. La servante de Magda, Lisette, lui fait remarquer qu’il ne sait pas de quoi il parle. Vexé, il chante l’histoire de Doretta, poursuivie en rêve par un roi qui lui offre toutes ses richesses si elle consent à l’aimer (Romance de Prunier «Chi il bel sogno di Doretta potè indovinar»). Mais Prunier ne réussit pas à conclure sa chanson. Magda improvise une seconde strophe, racontant comment Doretta découvre l’amour véritable dans les bras d’un étudiant. Selon Rambaldo, une telle passion est signe de faiblesse. Il offre à Magda un collier de perles, qu’elle regarde distraitement.

On annonce Ruggero Lastouc, un jeune ami de Rambaldo, de passage à Paris. Les amies de Magda envient les largesses dont la couvre son amant, mais elle rétorque que l’argent ne fait pas le bonheur. Elle se remémore la tendre romance qu’elle a vécue autrefois avec un étudiant rencontré dans un établissement de nuit, chez Bullier (Air de Magda «Ore dolci e divine»). Rambaldo revient, accompagné de son hôte, le fils d’un ami d’enfance, qui lui a remis une lettre de la part de son père. Prunier lit les lignes de la main à Magda et lui révèle qu’elle est comme une hirondelle, et que son destin est de partir pour le soleil du sud et d’y rencontrer le véritable amour. Ruggero, qui se trouve pour la première fois à Paris, se réjouit à l’idée de découvrir la vie nocturne de la capitale et se renseigne sur les endroits à la mode (Air de Ruggero «Parigi è la città dei desideri»).  On lui conseille d’aller chez Bullier. Magda décide de l’y rejoindre, vêtue en simple grisette. Elle ignore que Lisette s’y rend aussi de son côté, parée des vêtements de sa maîtresse et accompagnée de son amant, qui n’est autre que Prunier (Duo Lisette/Prunier «T’amo!... Menti !»).

 

Acte II

Chez Bullier.

Alors que tout le monde danse et s’amuse, Ruggero s’ennuie. Entre Magda, qui se présente comme une certaine Paulette. Un tendre sentiment naît rapidement entre les deux jeunes gens, de plus en plus intense (Duo Magda/Ruggero «Posso chierdervi una grazia ? / Perchè mai cercate»). Arrivent Prunier et Lisette. Celle-ci croit reconnaître sa maîtresse en compagnie de Ruggero mais Prunier, qui comprend la situation, lui dit qu’elle se trompe. Les deux couples se rejoignent à table, et portent un toast à l’amour (Quatuor avec chœur «Bevo al tuo fresco sorriso»). Lisette avoue qu’elle a emprunté à Magda ses vêtements et ses bijoux. Soudain, Rambaldo fait une apparition inattendue. Bouleversée, la jeune femme demande à Ruggero de s’écarter. Puis elle décide de tenir tête à Rambaldo et de lui avouer qu’elle a trouvé l’amour véritable.

 

Acte III

Un petit pavillon sur la côte d’Azur. Des hirondelles volent au loin.

Magda et Ruggero mènent ensemble une vie heureuse, loin de Paris. Ruggero annonce à la jeune fille qu’il a demandé à sa mère de consentir à leur mariage (Air de Ruggero «Dimmi che vuoi seguirmi»). Consciente que son  passé de courtisane va rendre cette union impossible, Magda l’écoute avec tristesse décrire le bonheur qui les attend. Ruggero s’éloigne, et Magda s’interroge, partagée entre le désir de lui avouer la vérité et celui de ne pas le blesser.

Entrent Prunier et Lisette. Après avoir tenté en vain sa chance comme chanteuse de cabaret, la soubrette demande à son ancienne maîtresse de la reprendre à son service, ce qu’elle accepte volontiers. Une fois Lisette partie, Prunier révèle à Magda la véritable raison de sa visite : les sentiments de Rambaldo à son égard  n’ont pas varié, et la place de la jeune femme est auprès de lui. Ruggero revient avec la réponse de sa mère, qui accepte le mariage si Magda est bonne, pure et tendre. Certaine à présent que l’illusion ne pourra plus durer, Magda lui révèle son passé : elle pourra être sa maîtresse, mais jamais son épouse, et cela les empêchera d’être heureux. Ruggero proteste, décidé à tout pour ne pas la perdre (Duo Magda/Ruggero «Figliuolo tu mi dici / Ma come puoi lasciarmi»). Ses supplications restent vaines et, malgré leur désespoir à tous deux,  Magda s’en retourne à son ancienne vie, soutenue par Lisette. 

Genèse et création

En octobre 1913, alors qu’il séjourne à Vienne à l’occasion de représentations de La fanciulla del West, Puccini reçoit du Carl-Theater la commande d’une opérette, en échange d’une coquette somme d’argent. Le compositeur se montre assez peu enthousiaste. Il refuse un premier projet de Heinz Reichert et Alfred Willner, avec des numéros musicaux insérés au milieu de dialogues parlés. Il envisage plutôt une comédie en musique composée d’un seul tenant, dans l’esprit du Chevalier à la rose de Richard Strauss mais «en plus amusant». La seconde proposition de Reichert et Willner lui convient, et il confie à Giuseppe Adami la charge d’adapter leur livret en italien, bien que la commande du Carl-Theater ait stipulé que l’ouvrage serait en allemand.

En avril 1914, un contrat est signé avec les commanditaires. Ils conserveront les droits de l’œuvre pour les pays de langue allemande, l’Espagne et l’Amérique du Sud, les cédant pour les autres territoires à l’éditeur habituel de Puccini, Tito Ricordi. Mais Ricordi ne l’entend pas ainsi, et il refuse d’acquérir l’œuvre. Puccini se tourne alors vers un autre éditeur milanais, Lorenzo Sonzogno, qui accepte les termes de l’accord.

Ces tracas administratifs, amplifiés par l’entrée en guerre de l’Italie, ont ralenti un travail pourtant bien engagé. Fin 1913, Puccini avait déjà composé deux actes. Mais quelques mois plus tard le musicien est saisi par le doute. Alors qu’il a commencé entre-temps la composition d’Il tabarro (La Houppelande, premier volet du Triptyque), l’inspiration lui manque pour écrire La rondine. Peu optimiste quant à l’issue du projet, il tente, en vain, de rompre le contrat. La partition ne sera achevée qu’en avril 1916. Les hostilités ayant embrasé une bonne part de l’Europe, on décide d’organiser la création en terrain neutre : c’est ainsi que l’Opéra de Monte-Carlo est choisi.

La première représentation a lieu le 27 mars 1917, avec Gilda Dalla Rizza (Magda), le tout jeune Tito Schipa (Ruggero), Ines Maria Ferraris (Lisette), Francesco Dominici (Prunier) et Gustave Huberdeau (Rambaldo), sous la direction de Gino Marinuzzi. L’accueil est triomphal. La création italienne a lieu le 2 juin de la même année, au Teatro Comunale de Bologne, avec Toti Dal Monte et Aureliano Pertile dans les deux rôles principaux. Cette fois, le public se montre tiède. La rondine ne retrouvera jamais véritablement le succès de sa création monégasque.

 

Claire Delamarche

La partition

Au succès mitigé de La rondine, on peut trouver plusieurs raisons. La principale est certainement l’ambiguïté de la partition. Ce qui frappe habituellement, lorsqu’on survole l’œuvre lyrique de Puccini, c’est la cohésion de ses ouvrages. «La difficulté consiste à commencer un opéra, c’est-à-dire à trouver son atmosphère musicale, confia-t-il un jour à Adami. Une fois le début engagé et composé, il n’y a plus rien à craindre.» Or La rondine peine à choisir son camp : d’un côté, une histoire d’amour tragique évoquant celles de La traviata de Verdi ou de Sapho de Massenet (la courtisane découvre le véritable amour mais son passé dévoyé se dresse en travers de son bonheur) ; de l’autre la danse et les travestissements, façon Chevalier à la rose, voire Chauve-Souris de l’autre Strauss, Johann fils. Stylistiquement, l’ouvrage est partagé entre de grands élans lyriques dans la plus pure tradition du mélodrame italien (les airs de Magda «Chi il bel sogno di Doretta» et «Ore dolci e divine»), et des scènes rapidement brossées, qui s’enchaînent au rythme de la conversation. Il oscille entre des sentiments d’une grande noblesse (à l’instar de Violetta, dans La traviata, la courtisane Magda montrera sa grandeur d’âme en renonçant à son amour) et une désinvolture qui transparaît dans le couple formé par la soubrette Lisette (qui rêve d’une carrière d’actrice) et le poète Prunier. Le tout sur fond de danses, à la manière de l’opérette viennoise : des valses, bien sûr, omniprésentes ; mais également des rythmes à la mode comme le one-step, le fox-trot ou le tango.

Il s’agit pourtant d’une partition fraîche, élégante et inspirée. Le lyrisme si propre au compositeur toscan, avec ses couleurs somptueuses, ses mélodies amples, sa tendresse, s’y mêle avec le raffinement léger des salons parisiens, comme ce fut le cas auparavant dans Manon Lescaut. Pris dans un tourbillon de valses, l’acte II est le plus mouvementé, avec un sommet d’intensité au moment du quatuor – digne du sextuor de Lucia di Lammermoor (Donizetti) ou des grands ensembles verdiens.

Né dans la tourmente de la Première Guerre, La rondine exhale le parfum d’un monde disparu et ne présente pas la nouveauté sauvage des ouvrages à venir, le Triptyque et Turandot. Profitant de l’expérience de La fanciulla del West (1910), l’orchestre est néanmoins tissé d’harmonies audacieuses – accords parallèles, dissonances non résolues, modalité, pentatonisme et même éléments de bitonalité (notamment à l’entrée de Lisette). Jouant un rôle de première importance, il expose une série de motifs qui, selon l’habitude de Puccini, réapparaissent de manière récurrente, associés soit à un climat, soit à des personnages tels Magda et Lisette.

La rondine reste un astre singulier au firmament puccinien. Le compositeur lui-même se montra peu convaincu par son ouvrage, auquel il apporta deux vagues de retouches. La première survint en 1918-1919. Prunier, ténor, passa à un baryton, tandis que la tessiture de Lisette était haussée. Ruggero héritait d’une romance à l’acte I («Parigi è la città dei desideri»), et Prunier était renforcé par deux nouvelles apparitions à l’acte III. Cette version fut accueillie fraîchement au Teatro Massimo de Palerme, le 10 avril 1920, puis à la Volksoper de Vienne, le 9 octobre de la même année, et ne parvint pas à s’imposer.

En 1921, Puccini effectua donc un second remaniement : il revenait en grande partie à la version première, rendant notamment Prunier aux ténors, mais il modifia le dénouement : c’est Ruggero qui, informé par une lettre anonyme du passé de Magda, la rejetait durement. Restée inachevée, cette version ne fut créée que le 22 mars 1994 au Teatro Regio de Turin, les parties manquantes étant reconstruites par Lorenzo Ferrero.

 

Claire Delamarche