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Bonsoir Monte-Carlo 19 & 21 novembre 2025 Grande revue
Livret Nicolas Engel
Mise en scène Davide Livermore

Bonsoir Monte-Carlo

Grande revue
mercredi 19 novembre 2025 - 19 h (Sur invitation du Palais)
vendredi 21 novembre 2025 - 20 h
Grimaldi Forum
DURÉE DU SPECTACLE : ENVIRON 1 h 50 SANS ENTRACTE

À l’occasion du 50e anniversaire de la disparition de Joséphine Baker

Dans le cadre de la Fête nationale monégasque

Il y a exactement 100 ans, en septembre 1925, une danseuse et chanteuse âgée de 19 ans paraissait sur la scène du Théâtre des Champs-Élysées lors du spectacle qui allait populariser le jazz en Europe et faire de sa protagoniste une icône féminine : Joséphine Baker. Cinquante ans plus tard, elle était depuis longtemps devenue une citoyenne française respectée pour ses activités au sein des Forces françaises libres pendant la Seconde Guerre mondiale, une égérie de la mode et une combattante pour les droits de l’Homme. Elle est parvenue à concrétiser son rêve utopique de fonder une famille de douze enfants, adoptés sur plusieurs continents et issus de divers milieux sociaux. La charge de cette vaste « tribu arc-en-ciel » a cependant contribué à sa ruine. La revue célébrant ses 50 ans de scène est présentée triomphalement à Paris en avril 1975 en présence de son amie, la Princesse Grace de Monaco, quelques jours avant que Joséphine Baker ne s’éteigne, la Princesse à son chevet. Joséphine a passé ses dernières années à Roquebrune-Cap-Martin et s’est régulièrement produite sur scène en Principauté, où de nombreux lieux lui rendent aujourd’hui hommage. Bien qu’elle ait fait son entrée symbolique au Panthéon français en 2021, elle repose toujours à Monaco. Conçu à l’occasion de la Fête nationale monégasque, ce nouveau spectacle créé par l’Opéra de Monte-Carlo rend hommage, 50 ans après sa disparition, à Joséphine Baker au travers de plusieurs de ses chansons inoubliables.

Maîtres d'œuvre
Direction Musicale | Yvan Cassar
Livret | Nicolas Engel
Mise en scène | Davide Livermore
Chorégraphie | Erika Rombaldoni
Adjoint à la mise en scène | Sax Nicosia
Décors | Giò Forma
Costumes | Gianluca Falaschi
Lumières | Antonio Castro
Vidéos | D-Wok
Assistante aux costumes | Anna Missaglia
Directeur de casting | Rabah Aliouane
Arrangeurs | Pierre Bertrand, Yvan Cassar, Bertrand Lusignan, Didier Benetti, Robert Fienga
Responsable sonorisation | Julien Bourdin
Sound designer | Edoardo Ambrosio
Distribution
Joséphine | Rachel Valery
L'amant | Grégory Benchenafi
Le jeune homme | Brice Lefort
Invitée d'honneur | Pretty Yende
Orchestre philharmonique de Monte-Carlo
Biographies des artistes
Equipes artistiques et techniques

MAÎTRES D’ŒUVRE

Direction Musicale
Yvan Cassar

Livret
Nicolas Engel

Mise en scène
Davide Livermore

Chorégraphie
Erika Rombaldoni

Adjoint à la mise en scène
Sax Nicosia

Décors
Giò Forma

Costumes
Gianluca Falaschi

Lumières
Antonio Castro

Vidéos
D-Wok

Assistante aux costumes
Anna Missaglia

Directeur de casting
Rabah Aliouane

Arrangeurs
Pierre Bertrand
Yvan Cassar
Bertrand Lusignan
Didier Benetti
Robert Fienga

Responsable sonorisation
Julien Bourdin

Sound designer
Edoardo Ambrosio

SOLISTES

Joséphine
Rachel Valery

L'amant
Grégory Benchenafi

Le jeune homme
Brice Lefort

Invitée d'honneur
Pretty Yende

Danseurs
Gaël Alamargot
Lisvet Barcia Cabrera
Mahelys Beautes
Kevin Bhoyroo
Amandine Brisaer
Alexia Cuvelier
Lisa Emanuel
Giovanni Imbroglia
Bettina Kaba
Isabel Lanning
Marie Merceron
Séverine Pezeron
Anderson Pinheiro Da Silva
Rafael José Planells Crespo-Azorin
Bryan Ramirez Hurtado
Melissa Regent
Luigi Turetti
Anatole Zangs
Charice-Canelle Zeiher

Figuration

La Princesse Grace Kelly
Sophie Payan

Joséphine Enfant
Margaux Froissart

CHŒUR DE L’OPÉRA DE MONTE-CARLO

Chef de chœur
Stefano Visconti

Consultant pour l’organisation musicale & assistant chef de chœur
Aurelio Scotto

Régisseuse du chœur & bibliothécaire
Colette Audat

Mezzo-sopranos
Clara Ceccarelli
Carmen Ciuffreda
Vivia Guedes

Altos
Marie Pons

Ténors I
Jaime CANTO NAVARRO
Caio DURAN PREVIATI
Manfredo MENEGHETTI
Maximiliano SILVERA

Ténors II
Benoit Gunalons
Marco Angelo MÜLLER

ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE MONTE-CARLO

Directeur artistique et musical
KAZUKI YAMADA

Premiers violons
David Lefèvre
Liza Kerob

Sibylle Duchesne

Ilyoung Chae
Diana Mykhalevych

Gabriel Milito
Mitchell Huang
Thierry Bautz
Isabelle Josso
Morgan Bodinaud
Milena Legourska
Jae-Eun Lee
Adela Urcan
Evgeny Makhtin
Rennosuke Fukuda
Andry Richaud
Cécile Subirana

Seconds violons
Peter Szüts
Nicolas Delclaud

NN

Frédéric Gheorghiu
Nicolas Slusznis
Alexandre Guerchovitch
Gian Battista Ermacora
Laetitia Abraham
Katalin Szüts-Lukacs
Eric Thoreux
Raluca Hood-Marinescu
Andriy Ostapchuk
Sofija Radic
Hubert Touzery

Altos
François Méreaux
Federico Andres Hood

François Duchesne

Charles Lockie
Mireille Wojciechowski
Sofia Timofeeva
Tristan Dely
Raphaël Chazal
Ying Xiong
Thomas Bouzy
Ruggero Mastrolorenzi
Sophie Mouson

Violoncelles
Thierry Amadi
Delphine Perrone

Alexandre Fougeroux

Florence Riquet
Bruno Posadas
Thomas Ducloy
Patrick Bautz
Florence Leblond
Thibault Leroy
Caroline Roeland

Contrebasses
Matthias Bensmana
Tarik Bahous

NN

Mariana Vouytcheva
Jenny Boulanger
Sylvain Rastoul
Eric Chapelle
Dorian Marcel

Flûtes
Anne Maugue
Raphaëlle Truchot Barraya

Delphine Hueber

Piccolo
Malcy Gouget

Hautbois
Matthieu Bloch
Matthieu Petitjean

Martin Lefèvre

Cor anglais
NN

Clarinettes
Marie-B. Barrière-Bilote
Véronique Audard

Petite clarinette
Diana Sampaio

Clarinette basse
Augustin Carles

Bassons
Arthur Menrath
Jules Postel

Michel Mugot

Contrebasson 
Frédéric Chasline

Cors
Patrick Peignier
Andrea Cesari
Didier Favre
Bertrand Raquet
Laurent Beth
David Pauvert

Trompettes 
Matthias Persson
Gérald Rolland

Samuel Tupin
Rémy Labarthe

Trombones
Jean-Yves Monier

Gilles Gonneau
Ludovic Milhiet

Tuba
Florian Wielgosik

Timbales & Percussions 
Julien Bourgeois
Mathieu Draux

Antoine Lardeau
Noé Ferro

Harpe
Sophia Steckeler

Administrateur
Sylvain Charnay

Délégué artistique
Didier de Cottignies

Régisseur général
Frédéric Vitteaud

Régisseur
Samantha Raymondis

Régisseur technique
Patrick Pastor

Techniciens de scène
Jean-Marie Pastor
Mathieu Dubourg

Bibliothécaires
Orianne Planquart
Célia Giaccardi

PERSONNEL DE SCENE

Directeur de scène
Xavier Laforge

Régisseur général
Jérôme Chabreyrie

Régisseur 
Karine Ohanyan

Régisseur lumières
Léa Smith

Régisseur sur-titrage
Sarah Caussé

TECHNIQUE

Directeur technique
Olivier Perin

Responsable du bureau d’études
Nicola Schmid

Chefs machinistes
Olivier Kinoo
Yann Moreau

Chef machiniste adjoint
Nicolas Mancel

Techniciens de plateau
Slim BEJAOUI
Heathcliff BONNET
Mathias CATALDI
Franz FILLIERE
Bruno MARTINEZ
Luc REMILIEN
Lucas SKOCZEK
Stéphane SOUICI

Chef électricien et vidéo
Benoît Vigan

Pupitreur lumières
Dylan Castori

Technicien audio vidéo
Felipe Manrique

Techniciens lumière
Gaspard BELLET
Thibault CALIGARIS
Florian CAPELLO
Carole DEPARDON
Roman DEVERS

Chef accessoiriste
Franck Escobar

Chef costumière-habilleuse
Eliane Mezzanotte

Chef costumière-habilleuse adjointe
Emilie Bouneau

Habilleuse adjointe
Véronique Tetu

Habilleurs
Carla CAPUANO
Laure CHABOT
Nadine CIMBOLINI
Sandrine DUBOIS
Cyrvan FOISSY
Edwige GALLI
Karinne MARTIN

Chef perruquière-maquilleuse
Déborah Nelson

Chef maquilleuse adjointe
Alicia Bovis

Coiffeurs
Pauline Clauzon
Jean-Pierre GALLINA
Nathalie MARCHAUD
Corinne PAULÉ
Marilyn RIEUL
CindY SOLDATI

Maquilleurs
Margot JOURDAN
Sophie KILIAN TERRIEN
Agnès LOZANO
Francine RICHARD

Billetterie

Responsable billetterie
Virginie Hautot

Responsable adjointe billetterie
Jenna Brethenoux

Service billetterie
Ambre Gaillard
Dima Khabout
Assmaa Moussalli

Programme musical

Monte-Carlo
H. ASTRIC, A. BARELLI, H. CONTET
RACHEL VALERY

St. Louis Blues
W. C. HANDY
INSTRUMENTAL

I Could Have Danced All Night
F. LOEWE, A. JAY 
RACHEL VALERY

Blue Skies
I. BERLIN
RACHEL VALERY

You’re The One I Care For
B. LOWN, C. GRAY, H. LINK 
RACHEL VALERY ET GRÉGORY BENCHENAFI

Paris Paname
RINGOLD, F. LOPEZ 
RACHEL VALERY

Danse des bananes
Y. CASSAR, P. BERTRAND
INSTRUMENTAL

The Mooche
D. ELLINGTON
INSTRUMENTAL

C’est Lui
G. VAN PARYS, R. BERNSTEIN 
RACHEL VALERY

J’ai deux amours
V. SCOTTO, G. KOGER, H. VARNA 
PRETTY YENDE

Le chant des partisans
A. MARLY
INSTRUMENTAL

Quand je pense à ça
P. SPIERS, R. DESBOIS 
RACHEL VALERY

C’est ça le vrai bonheur
B. COLLAZO, CARBO Y MENENDEZ JOSE HIPOCRAT, O. DE LA ROSA 
RACHEL VALERY ET GRÉGORY BENCHENAFI

Stork Club
Y. CASSAR, P. BERTRAND
INSTRUMENTAL

The Times They Are A-Changin
B. DYLAN
RACHEL VALERY

Demain
P. DONAGGIO, V. PALLAVICINI, J.-C. ANNOUX, R. VALADE 
PRETTY YENDE

Sonny Boy
L. BROWN LEW, A. JOLSON, B. DE SYLVA, R. HENDERSON 
RACHEL VALERY

Dans mon village
H. LEMARCHAND, F. LOPEZ 
RACHEL VALERY

Sourire à la vie
P. SPIERS, B. COQUATRIX, R. DESBOIS 
RACHEL VALERY

La Mer
C. TRENET
INSTRUMENTAL

Monte-Carlo 
(Reprise) 
RACHEL VALERY, BRICE LEFORT ET GRÉGORY BENCHENAFI

 

Matériel : Arrangements et Orchestrations Yvan Cassar pour Eden Musique production 

Le saviez-vous ?

Cinq anecdotes à découvrir avant le lever de rideau

 

1

Joséphine Baker a marqué l’Histoire du XXème siècle. Son engagement dans la lutte pour les droits civiques des Afros-Américains a fait partie de ses plus grands et de ses plus nobles combats. En 1963, devant le Lincoln Memorial de Washington, elle se tient aux côtés de Martin Luther King Jr, alors qu’il prononce son discours historique. Elle y prend la parole elle-même. “C’est le plus beau jour de ma vie !”, lance-t-elle alors. 

2

Si Joséphine repose bien au cimetière de Monaco, dans une tombe noire sobrement décorée, elle a rejoint en 2021 les “Grands Hommes” de la Nation française au Panthéon de Paris, devenant ainsi la 6ème femme de l’Histoire à y avoir son cénotaphe, et la première personne noire.  

3

En 1968, ayant vendu son château des Milandes pour la moitié de son prix, Joséphine Baker est endettée, et n’a nulle part où aller. La princesse Grace de Monaco lui tend alors la main, avançant à sa collègue et compatriote les fonds pour acheter une maison à Roquebrune. La famille princière accompagnera les dernières années de sa vie, aidant notamment aux événements de ses 50 ans de carrière en 1975, quelques semaines avant sa mort. 

4

Le nom de Joséphine est connu dans le monde entier, et même au-delà ! Sur Venus, figure divine de l’amour et du charme, un cratère découvert en 1994 porte le nom de “Baker”. L’hommage d’un astronome bien inspiré à un autre genre de star… 

5

Engagée auprès des services secrets français pendant la Seconde Guerre mondiale, Joséphine Baker a soutenu la lutte contre l’occupation allemande. Après un gala à Alger, le général de Gaulle lui offre une petite croix de Lorraine en or. Elle la revend aux enchères, et verse les fonds récoltés au bénéfice de la Résistance. 

Note d'intention

Une célébration de Joséphine Baker

1974, Sporting Club de Monaco. 

Joséphine Baker entre en scène dans un tourbillon de plumes et de joie. Entourée de ses danseurs, elle se lance dans une chanson à la gloire de Monte-Carlo, la ville qui l’a adoptée. Mais soudain, la musique s’arrête, le temps se suspend, et la représentation se transforme en voyage intérieur. Le blues de Saint-Louis, les illusions perdues de l’Amérique ségrégationniste, l’arrivée du Charleston à Paris, les refrains de la Résistance, le rêve brisé des Milandes… La vie de Joséphine ne se raconte pas, elle se chante, se danse et se rêve sous nos yeux. De numéros chorégraphiés en évocations musicales, Bonsoir Monte-Carlo déroule le fil d’une existence hors du commun, entre mythe et vérité. Une plongée dans l’imaginaire d’une des consciences les plus acérées de notre siècle.

Chanteuse, danseuse, meneuse de revue, mais aussi héroïne de la Résistance et ardente militante des droits civiques, Joséphine Baker a fait de son art une arme contre les injustices. Et c’est dans son rôle de mère qu’elle porta son engagement le plus haut, en accueillant douze enfants venus du monde entier, choisis pour incarner le rêve d’une fraternité universelle et prouver que la paix commence dans le regard qu’on pose sur l’autre. Un idéal qui trouva un port d’attache, loin du vacarme et des jugements, dans la douceur méditerranéenne de Monte-Carlo. Ainsi, notre spectacle place en son cœur l’amitié qui lia Joséphine Baker à une autre Américaine éprise de son pays d’adoption : la Princesse Grace de Monaco. Deux femmes d’exception, unies par la bienveillance, l’élégance et le courage, dont la rencontre résonne comme une ode à l’humanité.

Bonsoir Monte-Carlo célèbre la capacité d’un être à se relever, à transformer les coups reçus en énergie de vie. Toute sa vie, Joséphine a fait de la scène un joyeux champ de bataille. Nous voulons à notre tour faire de la scène un lieu de rassemblement et d’émotion. Un espace où le passé éclaire le présent, et où la promesse humaniste portée par Joséphine Baker continue de vibrer.

Nicolas Engel
auteur du livret

La presse monégasque en parlait

6 AOÛT 1974
LE GALA DE LA CROIX-ROUGE MONEGASQUE

Quelle nuit, mon Dieu, inoubliable !

Et la voici belle à pleurer de joie; la déesse noire de mon adolescence, plus jeune que jamais, svelte, élégante, racée, descendant d’une calèche qu’aurait pu dessiner Jean-Gabriel Domergue, et acceptant, sourire aux lèvres (et, sans doute, émotion au cœur) le compliment débordant d’affection et de sincérité qu’au nom du monde entier (qui vous admire, Joséphine, qui vous admire et qui vous aime), Jean-Claude Brialy murmure à son oreille.

La suite du spectacle ? C’est en dix décors, près de 300 costumes (une débauche de plumes d’autruches, aigrettes, soles de toutes les couleurs, paillettes, tulles, strass, velours, boas, satins); les extraordinaires perruques d’Alexandre; 50 danseurs et danseuses; Aimé Ratai rayonnant de bonheur et dirigeant l’orchestre; Jean Moussy réglant les chorégraphies… la vie ou, plutôt, la légende de Joséphine. En chansons… 30 ou 40… je n’ai pas compté.

Oui, Joséphine, vous avez raison : c’est pour la vie. À bientôt, Joséphine… À toujours !

PH. F.
JOURNAL DE MONACO

Discours S.A.S. le Prince Souverain

Discours S.A.S. le Prince Souverain
Hommage à Joséphine BAKER
Monaco, le 29 novembre 2021

Monsieur le Ministre d’Etat,
Monsieur le Président du Conseil national,
Monsieur l’Ambassadeur de France,
Madame le Consul général des Etats-Unis,
Cher Père Penzo, Cher Père Goinot,
Chère famille et chers amis de Joséphine Baker,
Mesdames, Messieurs,


Demain, la République française, notre pays voisin et ami, avec qui nous partageons une communauté de destin depuis le XVIIe siècle, célèbrera une de ses grandes dames, en la faisant entrer dans son panthéon.

Française, non de naissance, mais de préférence, pour paraphraser le poète Louis Aragon, cette grande dame a été naturalisée le 30 novembre 1937, il y aura donc exactement quatre-vingt-quatre ans.

Nous nous devions aussi de faire mémoire, aujourd’hui à Monaco, de cette figure emblématique du XXe siècle qu’a été, dans toute sa singularité, Joséphine Baker, parce qu’elle a été, et restera, une
Monégasque de cœur.

Bien sûr, la relation avec Monaco est tardive : Joséphine y arrive en 1969, pour y être inhumée en 1975, après sa disparition brutale et prématurée.

Mais cette relation est particulièrement intense et décisive, car elle conditionne, au-delà d’une certaine joie de vivre personnelle retrouvée, la renaissance et l’apothéose artistique de la grande artiste de music-hall.

Avant d’évoquer brièvement ses années monégasques, je voudrais revenir sur deux aspects saillants de la vie et de la personnalité de Joséphine Baker, qui, à l’heure de sa consécration mémorielle
française, me semblent devoir être médités d’un côté et de l’autre de la frontière, et même par-delà les frontières.

Il y a d’abord l’idéal de la fraternité universelle et son corollaire, la lutte contre la ségrégation raciale, dont Joséphine est un symbole, et qui est malheureusement toujours, et trop souvent encore,
un fait d’actualité ; que ce soit aux Etats-Unis, en France ou à Monaco.

Notre devoir d’éducation reste prégnant afin que les nouvelles générations n’aient pas à subir ce que celles qui nous ont précédés ont dû endurer. Je suis d’autant plus sensible à cette facette de
l’engagement de Joséphine Baker que ma mère la Princesse Grace, qui était alors une actrice débutante de vingt-deux ans, a assisté à la fameuse scène d’humiliation de Joséphine Baker, le 16 octobre 1951, au très chic Stork Club de New York. En 1976, quelques mois après la disparition de Joséphine, elle en avait confié son souvenir.

Je la cite : « Je pensais qu’elle était courageuse d’affronter ainsi le scandale… moi, j’étais si timide ! […] Et je me souviens m’être posé la question à ce moment : aurais-je moi ce courage-là ? »

Ce courage de Joséphine Baker, petite-fille d’esclaves, c’est bien sûr aussi celui de la résistante pendant la Seconde Guerre mondiale, mais encore celui de la femme et de la mère faisant face à son
destin, lorsque ce dernier a été adverse. Quand le succès devient plus difficile sur scène dans les années 60, elle s’est battue jusqu’au dernier jour, jusqu’à l’expulsion du château des Milandes, en Dordogne, pour éviter que sa tribu « arc-en-ciel » ne se trouve déracinée.

Ma mère fait alors confiance au décorateur André Levasseur qui suggère son nom pour le gala de la Croix-Rouge monégasque en août 1969. Joséphine Baker arrive à Monaco le 25 juillet
par le train, avec ses enfants. Pour préparer le gala, qui a lieu le 8 août, ils résident tous d’abord à l'Hermitage.

La Princesse confiera, en 1976, ses impressions : « Comme tout le public, je fus sidérée par sa beauté en scène, et une fois de plus, par le courage que tout cela représentait. Elle se sentait très bien
à Monaco. Elle vit une villa à vendre sur la falaise. […] Le Prince et moi nous avançâmes les premiers fonds et j’alertai le comité exécutif de notre Croix-Rouge monégasque pour achever de l’aider. Joséphine mit un point d’honneur à payer sa dette.

Six mois avant sa mort, elle avait remboursé la maison. » C’était évidemment la fameuse villa « Maryvonne » du 39 avenue de Varavilla, sise à Roquebrune, dans le quartier de Saint-Roman, à
quelques mètres de la frontière monégasque.

Avant l’arrivée de Joséphine Baker à Monaco, il y avait déjà eu quelques échanges épistolaires avec la Princesse Grace. Les Archives du Palais conservent une première lettre, datée de 1959, par
laquelle Joséphine félicite ma mère pour la visite officielle faite au général de Gaulle nouveau président de la République. Le cœur de résistante de Joséphine avait dû être touché par la démarche de mes parents, qui l’ont accomplie quelques mois après l’élection du général.

Joséphine écrit joliment : « Le peuple parisien, Madame, vous a adopté définitivement et vous êtes à présent, sa jolie et gracieuse Princesse Grace ».

Le ton devient progressivement plus libre ; l’enfance et l’éducation rapprochent les deux mères, devenues « voisines » pour reprendre le terme de la Princesse. Je la cite encore : « Je conviais ses
enfants aux goûters et aux petites fêtes des miens. De voir ses enfants nager pour la première fois dans la piscine du palais, je me souviens, cela représentait pour elle quelque chose, et elle en eut les larmes aux yeux. Je l’admirais beaucoup d’élever ses douze gosses, moi qui n’en ai que trois, dans le cadre de famille qu’elle voulait leur donner.

Nous pensions la même chose : que la cellule familiale est la base d’une société et que c’est pour elle qu’il faut soigner la société, quand celle-ci est malade ».

Dans la correspondance conservée au Palais, on sent bien ce besoin de Joséphine Baker de confronter les expériences, de partager les réussites et les difficultés d’une famille à la fois tellement utopique et tellement conforme à son idéal.

Je me souviens personnellement à quel point la Princesse était touchée par cette confiance dont l’honorait Joséphine, toujours très directe, spontanée, exubérante et enthousiaste. Sensible à la dureté du monde comme aux contes de fées, Joséphine écrivait à ma mère, en 1972, que le Prince Rainier et la Princesse Grace resteraient toujours son « couple royal préféré ».

En 1974, elle redisait tout son plaisir de « jouir de l’amitié d’une princesse charmante ».

Il est vrai que durant tout le début des années 1970, Monaco offre à Joséphine une scène quasi permanente, et Joséphine offre à la Principauté, à ses nuits, tout son talent, tout son rayonnement, avec grand dévouement. Ainsi, le 22 juin 1974, elle remplace au pied levé, avec d’autres artistes, Samy Davis Jr, qui s’était fait porté pâle au dernier moment pour l’inauguration du nouveau Sporting d’été.

Le 9 août suivant, lors d’un nouveau gala de la Croix-Rouge, elle triomphe dans un show qui retrace sa vie, et dont le succès sera le point de départ de son retour sur la scène parisienne, à Bobino, au printemps 1975, lorsqu’elle célèbrera, pour reprendre l’expression du Président Giscard d’Estaing, ses « noces d’or » avec la capitale française, quelques jours avant sa disparition.

« Il y a des êtres qui ne s’éteignent jamais », dira alors ma mère, qui tint à offrir à Joséphine sa dernière demeure, une tombe en granit noir d’Afrique, dans laquelle elle repose depuis le 2 octobre 1975.

Cette éternité de Joséphine Baker trouve aujourd’hui sa réalité dans la consécration républicaine française que représente son entrée au Panthéon.
Je m’en félicite et je serai très heureux de m’associer demain au peuple de Paris et à la famille de Joséphine pour représenter Monaco. Mais je suis sensible à ce que sa famille ait tenu à ce que son corps mortel reste dans la Principauté, manifestant ainsi l’importance que Monaco a eue dans ses dernières années.

Le Conseil communal a célébré Joséphine Baker il y a quelques mois déjà, en lui donnant très justement le nom d’une place sur la nouvelle esplanade du Larvotto, non loin du Sporting d’été où elle avait triomphé.

Mais j’ai souhaité qu’un hommage national, à la fois solennel et intime, lui soit rendu ici, en présence de sa famille, des hautes autorités de l’Etat et de ceux qui l’ont connue.

Les hymnes américain, français et monégasque vont rappeler dans quelques instants ses trois « patries », de naissance et de préférence. Après la prière et le recueillement devant sa tombe, je prélèverai symboliquement un peu de terre, de cette terre monégasque qui pénètrera demain au Panthéon, mêlée à celle de Saint-Louis, sa terre de naissance, à celle de Paris, la terre de son public, et à celle des
Milandes, la terre de sa tribu « arc-en-ciel ».

Comme le géant Antée de la mythologie reprenait force et vigueur en touchant terre, nous pouvons espérer que ces quatre terres mêlées soient un terreau fécond ; dans lequel pousseront et repousseront, reprendront force et vigueur année après année, les valeurs pour lesquelles Joséphine Baker s’est battue.

C’est, en tout cas, le vœu que je formerai dans un instant en m’inclinant devant la tombe de notre compatriote de cœur, monégasque dans la terre pour l’éternité.

Puisse la minute de silence qui va maintenant suivre nous ouvrir à la méditation du message que Joséphine Baker a délivré par sa vie.