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Concert lyrique
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Wagner Tristan et Isolde - Acte II 2 mars 2024 Concert lyrique
Direction musicale Philippe Jordan
Tristan Andreas Schager
Isolde Anja Kampe

Wagner Tristan et Isolde - Acte II

Concert lyrique
dimanche 02 mars 2025 - 18 h
Auditorium Rainier III

Musique et livret de Richard Wagner (1813-1883)
Création : Munich, Théâtre royal de la Cour de Bavière, 10 juin 1865

En première partie :
Adagio de la Symphonie n°10 en fa dièse majeur (c. 1910 – inachevée) de Gustav Mahler (1860-1911)

En collaboration avec l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo et en prélude au Printemps des Arts de Monte-Carlo

En 1876, sept ans avant la mort de Richard Wagner, le public de Monte-Carlo avait pu entendre le prélude de Tristan et Isolde joué lors d’un concert symphonique. Ce morceau « avait déclenché des murmures de l’assistance ; les excès de Wagner ne trouvant pas plus de validation à Monaco qu’à Paris ». Après quelques timides aventures wagnériennes, parmi lesquelles une production de Lohengrin, Tristan fit son retour sur la scène de l’Opéra de Monte-Carlo le 21 mars 1893 au sein de la première saison de Raoul Gunsbourg. Cette représentation, chantée en français, marquait la première apparition de l’œuvre dans un pays francophone et marqua la chronologie de Tristan, notamment grâce à la présence de Friedrich Kranich, le directeur technique de Gunsbourg, qui passait ses hivers à Monte-Carlo et ses étés à Bayreuth.

Avec les proches représentations de L’Or du Rhin, ce concert, joué par l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo et Philippe Jordan, sera l’occasion de vivre une expérience unique : entendre en l’espace de quelques jours Wagner interprété de manière historiquement informée, puis sur instruments modernes.

Artistes
Direction musicale | Philippe Jordan
Tristan | Andreas Schager
Isolde | Anja Kampe
Le Roi Marke | Georg Zeppenfeld
Brangäne | Ekaterina Gubanova
Melot | Neal Cooper
Kurwenal | Przemyslaw Baranek
Chef de chant | Kira Parfeevets
Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo
Biographies des artistes
Equipes artistiques

Direction musicale
Philippe Jordan

Chef de chant
Kira Parfeevets

Tristan
Andreas Schager

Isolde
Anja Kampe

Le Roi Marke
Georg Zeppenfeld

Brangäne
Ekaterina Gubanova

Melot
Neal Cooper

Kurwenal
Przemyslaw Baranek

ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE MONTE-CARLO

Directeur artistique et musical
Kazuki Yamada

Premiers violons
David Lefèvre
Liza Kerob
Sibylle Duchesne
Ilyoung Chae
Diana Mykhalevych
Gabriel Milito
Mitchell Huang
Thierry Bautz
Isabelle Josso
Morgan Bodinaud
Milena Legourska
Jae-Eun Lee
Adela Urcan
Evgeny Makhtin
NN

Seconds violons
Peter Szüts
Nicolas Delclaud
NN
Frédéric Gheorghiu
Nicolas Slusznis
Alexandre Guerchovitch 
Gian-Battista Ermacora 
Laetitia Abraham
Katalin Szüts-Lukacs
Eric Thoreux
Raluca Hood-Marinescu 
Andriy Ostapchuk
Sofija Radic
Hubert Touzery 

Altos
François Méreaux
Federico Andres Hood 
François Duchesne 
Charles Lockie
Richard Chauvel
Mireille Wojciechowski 
Sofia Timofeeva
Tristan Dely
Raphaël Chazal
Ying Xiong
Thomas Bouzy
Ruggero Mastrolorenzi

Violoncelles
Thierry Amadi
Delphine Perrone
Alexandre Fougeroux 
Florence Riquet
Bruno Posadas
Thomas Ducloy
Patrick Bautz
Florence Leblond
Thibault Leroy
Caroline Roeland

Contrebasses
Matthias Bensmana
Tarik Bahous
NN
Mariana Vouytcheva
Jenny Boulanger
Sylvain Rastoul
Eric Chapelle
Dorian Marcel

Flûtes
Anne Maugue
Raphaëlle Truchot-Barraya 
Delphine Hueber 

Piccolo
Malcy Gouget

Hautbois
Matthieu Bloch
Matthieu Petitjean
Martin Lefèvre

Cor Anglais
NN

Clarinettes
Marie-B. Barrière-Bilote 
Véronique Audard

Petite clarinette
Diana Sampaio

Clarinette basse
NN

Bassons
NN
Arthur Menrath
Michel Mugot

Contrebasson
Frédéric Chasline

Cors
Patrick Peignier
Andrea Cesari
Didier Favre
Bertrand Raquet
Laurent Beth
David Pauvert

Trompettes
Matthias Persson
Gérald Rolland
Samuel Tupin
Rémy Labarthe

Trombones
Jean-Yves Monier
Gilles Gonneau
Ludovic Milhiet

Tuba
Florian Wielgosik

Timbales & Percussions
Julien Bourgeois
Mathieu Draux
Antoine Lardeau
Noé Ferro

Harpe
Sophia Steckeler

A propos de l'œuvre

«Comme je n’ai jamais goûté dans ma vie au véritable bonheur de l’amour, je veux ériger à ce rêve, le plus beau entre tous, un monument où, du début à la fin, cet amour sera rassasié une fois pour toutes : j’ai ébauché mentalement un Tristan et Isolde, le projet musical le plus simple, mais le plus de chair et de sang qui soit ; de la “voile noire*” qui flotte à la fin, je veux ensuite m’envelopper – pour mourir

Cette lettre de Wagner à son ami Franz Liszt (16 décembre 1854) est incontournable pour qui se penche sur Tristan et Isolde. Wagner s’intéresse depuis plusieurs années à cette légende médiévale, notamment dans la version inachevée de Gottfried von Strassburg (xiiie siècle). Mais c’est la première fois qu’il envisage sérieusement d’en tirer son huitième opéra. Le projet naît sous la double influence de Schopenhauer (Wagner vient de découvrir Le Monde comme volonté et comme représentation) et de son amour impossible pour Mathilde Wesendonck, l’épouse du marchand de soie grâce à la générosité duquel il survit à Zurich depuis qu’il a fui Dresde après les émeutes de 1849.

En 1857, les choses se précipitent : Otto Wesendonck installe Wagner et sa femme Minna dans une maisonnette sur son domaine. Wagner met alors de côté la composition de Siegfried, troisième volet de la tétralogie L’Anneau du Nibelung, pour mettre en musique cinq poèmes de Mathilde, qu’il appelle son Isolde. Wagner considère clairement les Wesendonck-Lieder comme des études pour Tristan, dont l’acte I est achevé lui aussi en 1858. Découverte par leurs époux respectifs, l’idylle oblige Wagner à fuir pour Venise, où il termine l’acte II, puis Lucerne, où il met le point final en août 1859. La création, prévue à Vienne en 1863, est annulée après soixante-dix-sept répétitions : la partition est jugée injouable. La chance tourne enfin en 1864, lorsque Louis II accède au trône de Bavière à l’âge de 18 ans. Fervent admirateur de Wagner, il règle ses dettes et organise la première représentation de Tristan, le 10 juin 1865 à Munich. L’orchestre est dirigé par Hans von Bülow, avec la femme duquel, Cosima, la fille de Liszt, Wagner entretient une liaison depuis deux ans déjà – leur fille aînée, Isolde, est née deux mois plus tôt.

Tristan et Isolde cause un séisme dans le monde musical. Peu de morceaux feront couler autant d’encre que le prélude, avec son harmonie se dérobant sans cesse et sa luxuriance orchestrale. Ce capiteux hymne au désir trouvera son accomplissement dans l’immense duo qui occupe la quasi-totalité de l’acte II.

À l’acte I, Tristan accompagne auprès de son oncle, le Roi Marke, la fiancée de ce dernier, Isolde. Mais après s’être découvert une attirance, Tristan et Isolde veulent boire ensemble un philtre de mort auquel Brangäne substitue un philtre d’amour. Les voilà irrémédiablement épris l’un de l’autre. À l’acte II, Isolde est devenue l’épouse de Marke. Jaloux de Tristan, son prétendu ami Melot organise une chasse nocturne pour éloigner le roi, afin de mieux surprendre les amants au retour. Une sonnerie des six cors de plus en plus faible confirme l’éloignement des chasseurs. Au signal convenu, Tristan rejoint Isolde et le duo peut commencer. Après une longue conversation sur l’hostilité du jour, ils entonnent un hymne à la nuit, «O sink hiernieder, Nacht der Liebe». Malgré les mises en garde de Brangäne, ils s’abandonnent à une sensualité croissante, jusqu’à appeler de leurs vœux une mort qui consacrerait le triomphe définitif de la nuit, royaume de douceur et d’amour, sur le jour, peuplé d’ennemis et de mensonges. La musique préfigure alors celle qui conclura l’acte III dans une ivresse de sensualité avec la mort d’amour [Liebestod] d’Isolde sur le cadavre de son bien-aimé. Mais, au sommet de l’extase, le duo est interrompu par un cri de Brangäne : la chasse est de retour. Marke est anéanti par la trahison de son épouse et surtout de son neveu, l’être qu’il aimait le plus au monde et dont il pensait faire son héritier («Tatest du’s wirklich ?»). Tristan invite Isolde à le suivre dans le règne de la nuit. Au cours d’une escarmouche avec Melot, il est mortellement blessé.

 

Claire Delamarche

 

* Dans la légende médiévale, après que Tristan a accepté de rendre Iseult la Blonde au roi Marc, il épouse une autre Iseult, Iseult aux Blanches Mains. Lorsque, blessé à mort, il fait mander Iseult la Blonde, seule capable de le guérir, il convient que le vaisseau reviendra avec une voile blanche si elle a accepté de monter à bord pour lui porter secours. Le vaisseau revient bien avec une voile blanche, mais l’épouse de Tristan, jalouse, lui dit l’inverse. Tristan meurt de chagrin et Iseult la Blonde, le découvrant mort, se laisse mourir dans ses bras.