Wagner Le Vaisseau fantôme
Opéra romantique en trois actes
Musique et livret de Richard Wagner (1813-1883)
Création : Dresde, Königliches Hoftheater, 2 janvier 1843
Les fils rouges qui traversent notre saison sont tissés dès cette première soirée : une plongée dans la mythologie, l’univers onirique et la puissance du féminin. Dans cet opéra de Wagner, le mythe ancestral du marin maudit semble être l’expression d’un esprit tourmenté. Afin de pouvoir franchir le cap de Bonne-Espérance, un marin hollandais a maudit Dieu et les forces de la nature. Pour ses actes, il est condamné à errer à jamais sur les mers, ne pouvant débarquer que tous les sept ans jusqu’à ce qu’il trouve une épouse fidèle à la vie, à la mort.
Senta, jeune Norvégienne exaltée, et ses amies sont assises au rouet. Bien que promise au chasseur Erik, elle est séduite par la description d’un homme mystérieux. Le père de Senta revient d’un voyage avec un invité hagard, qu’elle identifie comme l’objet de ses rêves. Lorsque les deux se déclarent leur amour mutuel, Erik entre en trombe. Le marin étranger n’est autre que le Hollandais volant, une fois de plus trahi par les femmes. Afin de le sauver de sa damnation, Senta se jette d’une falaise voisine.
La musique de cet opéra de jeunesse de Wagner dépeint la force des éléments de manière aussi romantique que le sentiment amoureux. Mais il y introduit également un sujet majeur de ses œuvres ultérieures : si les hommes peuvent pécher, les femmes, elles, doivent se racheter…
ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE MONTE-CARLO
Direction musicale
Gianluca Marcianò
Projections
D-wok
Chef de chœur
Stefano Visconti
Chef de chant
Alessandro Pratico
SOLISTES
Daland
Albert Dohmen
Senta
Asmik Grigorian
Erik
Daniel Behle
Mary
Angharad Lyddon
Le Pilote
Trystan Llyr Griffiths
Le Hollandais
Sir Bryn Terfel
CHŒUR DE L’OPÉRA DE MONTE-CARLO
Chef de chœur
Stefano Visconti
Consultant pour l’organisation musicale & assistant chef de chœur
Aurelio Scotto
Régisseuse du chœur & bibliothécaire
Colette Audat
Sopranos I
Galia BAKALOV
Antonella CESARIO
Serena FUGGI*
Chiara IAIA
Emilia ILLIANO*
Mariia KOMAROVA*
Giovanna MINNITI
Felicity MURPHY
Sachi NOGAMI*
Erica Rondini*
Ronja Weyhenmeyer
Sopranos II
Rossella ANTONACCI
VITTORIA GIACOBAZZI
Valeria LANINI*
Valérie MARRET
Letizia PIANIGIANI
Elena ROGOVA*
Laura Maria ROMO CONTRERAS
Ariadne STAUT MELCHIORETTO*
Mezzo-sopranos
Teresa BRAMWELL-DAVIES
Clara CECCARELLI*
Maria Carmen CIUFFREDA*
Vivian Maria GUEDES NEVES*
Carla MATTIOLI*
Géraldine MELAC
Suma MELLANO
Federica SPATOLA
Altos
Tina CHIKVINIDZE*
ORNELLA CORVI
Maria-Elisabetta DE GIORGI
Taisiya KOROBETSKAYA*
Alessandra MASINI*
Catia PIZZI
Marie PONS*
Paola SCALTRITI
Rosa TORTORA
Ténors I
Walter BARBARIA
Francis Joseph Biyong Nguene
Lorenzo CALTAGIRONE
Jaime Andrés CANTO NAVARRO*
Louis-Héol CASTEL*
Vincenzo DI NOCERA
Thierry DIMEO
Caio DURAN PREVIATTI*
Nicolo LA FARCIOLA
Sergio MARTELLA*
Manfredo MENEGHETTI*
Maximiliano SILVERA*
Ténors II
Andrea Civetta
Daniele GARUTI*
Benoît GUNALONS*
Jinhan KIM*
Fabio MARZI
Manuel Murabito
Marco Angelo MÜLLER*
Michele PINTO*
Adolfo SCOTTO DI LUZIO
Fabio SINISCARCHIO*
Salvatore TAIELLO
Barytons
Jorge ABARZA SUTTER*
Przemyslaw Baranek
Jean-François BARON*
Nicoló BARTOLI*
Fabio BONAVITA
Giulio Ceccarelli
Vincenzo CRISTOFOLI
Leandro GAUNA*
Andrea LESCA*
Armando NAPOLETANO*
Kyle Patrick SULLIVAN*
Basses
Stefano Arnaudo
Eugenij BOGDANOWICZ*
Salvatore CALIFANO*
Tommaso CORVAJA*
Daniele Del Bue
Daniele GABRIELI*
Antoine PLUCHE*
Edgardo RINALDI
Matthew THISTLETON
Giuseppe Zema
*choristes supplémentaires pour le concert
ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE MONTE-CARLO
Directeur artistique et musical
KAZUKI YAMADA
Premiers violons
David Lefèvre
Liza Kerob
Sibylle Duchesne
Ilyoung Chae
Diana Mykhalevych
Gabriel Milito
Mitchell Huang
Thierry Bautz
Isabelle Josso
Morgan Bodinaud
Milena Legourska
Jae-Eun Lee
Adela Urcan
Evgeny Makhtin
Rennosuke Fukuda
Andry Richaud
Cécile Subirana
Seconds violons
Peter Szüts
Nicolas Delclaud
NN
Frédéric Gheorghiu
Nicolas Slusznis
Alexandre Guerchovitch
Gian Battista Ermacora
Laetitia Abraham
Katalin Szüts-Lukacs
Eric Thoreux
Raluca Hood-Marinescu
Andriy Ostapchuk
Sofija Radic
Hubert Touzery
Altos
François Méreaux
Federico Andres Hood
François Duchesne
Charles Lockie
Mireille Wojciechowski
Sofia Timofeeva
Tristan Dely
Raphaël Chazal
Ying Xiong
Thomas Bouzy
Ruggero Mastrolorenzi
Sophie Mouson
Violoncelles
Thierry Amadi
Delphine Perrone
Alexandre Fougeroux
Florence Riquet
Bruno Posadas
Thomas Ducloy
Patrick Bautz
Florence Leblond
Thibault Leroy
Caroline Roeland
Contrebasses
Matthias Bensmana
Tarik Bahous
NN
Mariana Vouytcheva
Jenny Boulanger
Sylvain Rastoul
Eric Chapelle
Dorian Marcel
Flûtes
Anne Maugue
Raphaëlle Truchot Barraya
Delphine Hueber
Piccolo
Malcy Gouget
Hautbois
Matthieu Bloch
Matthieu Petitjean
Martin Lefèvre
Cor anglais
NN
Clarinettes
Marie-B. Barrière-Bilote
Véronique Audard
Petite clarinette
Diana Sampaio
Clarinette basse
Augustin Carles
Bassons
Arthur Menrath
Jules Postel
Michel Mugot
Contrebasson
Frédéric Chasline
Cors
Patrick Peignier
Andrea Cesari
Didier Favre
Bertrand Raquet
Laurent Beth
David Pauvert
Trompettes
Matthias Persson
Gérald Rolland
Samuel Tupin
Rémy Labarthe
Trombones
Jean-Yves Monier
Gilles Gonneau
Ludovic Milhiet
Tuba
Florian Wielgosik
Timbales & Percussions
Julien Bourgeois
Mathieu Draux
Antoine Lardeau
Noé Ferro
Harpe
Sophia Steckeler
PERSONNEL DE SCENE
Directeur de scène
Xavier Laforge
Régisseur général
Jérôme Chabreyrie
Régisseur
Karine Ohanyan
Régisseur lumières
Léa Smith
Régisseur sur-titrage
Sarah Caussé
TECHNIQUE
Directeur technique
Olivier Perin
Responsable du bureau d’études
Nicola Schmid
Chefs machiniste
Olivier Kinoo
Yann Moreau
Chef machiniste adjoint
Nicolas Mancel
Techniciens de plateau
Laurent RIVIERE
Mehdi ANEJJAR
Esteban OULD YAHIA-COLL
Pierrick LAMPSON
Nicolas HOUSSIN
Slim BEJAOUI
Chef électricien et vidéo
Benoît Vigan
Techniciens lumière
Gaspard BELLET
Florian CAPELLO
Roman DEVERS
Thibault CALIGARIS
Chef costumière-habilleuse
Eliane Mezzanotte
Chef costumière-habilleuse adjointe
Emilie Bouneau
Habilleuses
Carla Capuano
Edwige GALLI
Karinne MARTIN
Julie JACQUET
Chef perruquière-maquilleuse
Déborah Nelson
Coiffeuse
Marilyn RIEUL
Maquilleuse
Francine RICHARD
Billetterie
Responsable billetterie
Virginie Hautot
Responsable adjointe billetterie
Jenna Brethenoux
Service billetterie
Ambre Gaillard
Dima Khabout
Assmaa Moussalli
Acte I
Sur une côte norvégienne
Une tempête fait rage sur la mer du Nord. Daland et son équipage de marins norvégiens parviennent, malgré la fureur des flots, à mouiller sur une côte pour se protéger. Une halte forcée pour le capitaine, dans le voyage qui doit le rapprocher de sa fille, Senta. Il ordonne à son pilote de veiller sur le navire, mais terrassé par la fatigue, celui-ci s’endort.
Arrive alors le vaisseau maudit du Hollandais Volant, condamné à errer sur les mers, seulement autorisé à mettre pied à terre tous les sept ans, cela pour purger un malheureux blasphème. Les termes de la malédiction sont clairs : le Hollandais ne connaîtra la délivrance de la mort que lorsqu’une jeune femme l’aimera sincèrement, et qu’elle se montrera prête à en faire la preuve ultime: le sacrifice de sa vie.
En quête de rédemption, le Hollandais vient à la rencontre de Daland, toujours accosté, et lui demande s’il a une fille, et si celle-ci possède la noblesse d’âme nécessaire à son salut. Intéressé par les richesses que lui promet le Hollandais, Daland accepte la demande en mariage. Les deux navires font cap ensemble vers le village de pêcheurs de Daland.
Acte II
Chez Daland
Les femmes du village filent la laine. Elles voudraient entendre la balade légendaire du Hollandais, mais Mary (la nourrice) se refuse à la chanter, craignant de s’attirer le mauvais œil. Senta, elle, y consent de bon cœur, ne craignant ni les malédictions, ni la réprobation de ses camarades. Bien qu’étant promise au jeune Erik, elle entretient pour le marin maudit une fascination amoureuse, doublée de l'espoir d’être un jour l’heureuse élue qui le sauvera. Chez son père, un portrait imaginaire du Hollandais est accroché. Senta le contemple chaque jour, espérant le rencontrer en personne et mettre son fantasme à l’épreuve du réel.
La rencontre aura lieu plus vite qu’elle ne le croit. Alors qu'elle est en pleine querelle avec son fiancé Erik, Daland paraît, accompagné du Hollandais. Stupeur chez la jeune Senta : il est l’exact figure du portrait qu’elle admire depuis des années ! Apprenant qu’elle a été promise au Hollandais par son père, elle jure à cet inconnu déjà bien familier un amour éternel et indéfectible. D’heureuses noces se profilent, et la rédemption est en marche pour le capitaine du Vaisseau Fantôme.
Acte III
Sur le port
Le navire légendaire trône dans le port, devant marins et épouses qui fêtent leurs retrouvailles, cherchant à faire participer l’équipage du Hollandais. Dans un chœur masculin lugubre et menaçant, les marins maudits déclinent. L’effroi gagne le village.
C’est alors qu’arrive Senta, une nouvelle fois en dispute avec Erik, qui la conjure de renoncer à ce rêve fou d’épouser le Hollandais. Il lui raconte le rêve funeste qu’il a fait, dans lequel cette union causait la perte du village entier, et celle de Senta en particulier. La jeune fille, sourde à la supplique, reste fidèle à son nouvel engagement.
Le Hollandais assiste à la scène, qui ravive chez lui les traumatismes des trahisons passées et le plonge dans le désespoir. La rédemption s’éloigne, tout comme le navire du hollandais qui, après des adieux larmoyants à Senta, reprend son errance.
Mais, alors que tous pensaient l’histoire terminée, la jeune fille se jette à l’eau, et meurt. Le sacrifice ultime a eu lieu, la rédemption est assurée, et le rideau tombe ainsi, sur les âmes réunies de Senta et du Hollandais, volant vers les cieux.
Cinq anecdotes à découvrir avant le lever de rideau
1
Wagner a puisé son inspiration pour cet opéra dans une légende rapportée par les marins au long cours : un vaisseau hollandais dont le capitaine aurait pactisé avec le diable, ou connu la colère divine, hanterait les mers, poursuivi par une funeste malédiction et n'apparaissant aux yeux des hommes que par mauvais temps. Le croiser serait un funeste présage…
2
La première rencontre de Wagner avec cette légende eut lieu à Riga. Le compositeur n’eut pas tout de suite l’idée d’en faire un opéra. Mais, alors qu’il tentait de rejoindre Paris par la mer, son bateau fut pris dans une puissante tempête, qui le poussa dans un fjord norvégien. Séduit par les chants des marins, il coucha sur le papier les premières esquisses d’une partition bientôt aussi légendaire que son héros.
3
Le Vaisseau Fantôme est l’un des opéras de Wagner les plus courts. Alors que Tristan et Isolde peut durer jusqu’à cinq heures, et qu’une exécution du Ring dans son intégralité peut en atteindre quinze, le récit de cette légende de marins ne dépasse jamais les deux heures trente, parfois sans interruption. Un condensé de drame signé par un Wagner alors au début de son immense carrière.
4
L'œuvre fut créée en 1843 à l’Opéra de Dresde, alors le siège de la Sächsische Staatskapelle Dresden. Il s’agit du plus ancien orchestre recensé en Europe, fondé par un Prince Électeur amoureux de musique, en 1548. Pendant des siècles, il réunissait les meilleurs musiciens du continent.
5
Alors soumis au bon vouloir des directeurs d’opéra pour créer ses œuvres, Wagner connaîtra plus tard l’honneur de voir un Opéra construit spécialement pour accueillir ses spectacles : il s’agit du mythique Palais des Festivals de Bayreuth, inauguré en 1876 par une représentation complète du Ring.
Quels sont les points forts de votre rôle dans Le Vaisseau fantôme ?
Tout d’abord, il s’agit de l’opéra de Wagner le plus court, mais il n’en demeure pas moins l’un des plus dramatiques. Chaque scène se déroule dans une intensité saisissante, procurant des émotions profondes et des effets aussi surprenants que merveilleux. Incarner le Hollandais volant, venu d’un autre monde, est à la fois un défi unique et procure une étrange sensation de paix. Le rôle vous plonge dans une fausse impression de sécurité tandis que l’accompagnement orchestral fiévreux qui fait rage en dessous reflète les tourments intérieurs du personnage.
Quels sont les principaux défis à relever ?
Sans aucun doute, les plus grands défis résident d’une part dans le monologue d’entrée du Hollandais et d’autre part dans son duo avec Senta, la jeune femme qui se sacrifie pour son salut. Les douze minutes de « Die Frist ist um » sont sans doute les plus dramatiques qu’un baryton-basse puisse rencontrer chez Wagner – un monologue enragé qui plante de manière saisissante le décor dans sa quête de rédemption à travers l’amour d’une femme fidèle. Le duo, quant à lui, est aussi excitant que vertigineux. Il est passionné, mélancolique, poétique et profondément dramatique. L’interpréter, c’est comme marcher sur une corde raide – vous pouvez la parcourir avec succès ou bien en chuter.
Notre saison 2025/2026 se concentre sur trois thèmes : le mythe, le rêve et la puissance du féminin. Comment ces motifs apparaissent-ils dans Le Vaisseau fantôme ?
Le Vaisseau fantôme représente la quintessence du mythe et du rêve, entrelacés avec la force de l’amour absolu d’une femme fidèle. Le Hollandais lui-même est un personnage mythique, condamné à errer sur les mers jusqu’à ce qu’il soit racheté par une dévotion inébranlable. Senta représente ce rêve de salut, incarnant à la fois le pouvoir de la femme et le sens du sacrifice.
Et comment ces thèmes trouvent-ils un écho chez vous ?
Ils sont profondément ancrés dans l’œuvre de Wagner et trouvent un écho personnel en moi. L’œuvre est l’essence même d’un récit mythique, mais aussi de la vie tumultueuse de Wagner à l’époque de sa composition : il a dû fuir ses créanciers, a survécu à un voyage en mer épouvantable, et a enduré des tragédies dans sa vie personnelle, comme la fausse couche de sa femme Minna. Ces épreuves sont au cœur de l’ouvrage. L’accent mis par Wagner sur les conflits intérieurs des différents intervenants et sur le développement de leitmotive – des motifs conducteurs ou phrases musicales qui représentent les personnages – ajoute des strates de complexité à ces thèmes. Pour moi, ces sujets sont au cœur de l’opéra au sens général. Un genre qui a pour but de magnifier les émotions humaines, à travers les mythes, les rêves ou la force des femmes, et l’œuvre de Wagner donne vie à ces thèmes avec une grande profondeur.